J’ai lu qu’ABN Amro envisageait de conseiller ses clients sur les
placements en art en collaboration avec le bureau d’expertise britannique
Seymour’s. Ces placements sont-ils intéressant selon vous ?
|
L’intérêt pour les placements en œuvres d’art ne cesse
effectivement de croître. Le fait que le rendement annuel moyen se soit élevé,
selon les dires de la banque, aux alentours de 12 % depuis 1950, n’y est
sans doute pas étranger. Ces cinq dernières années, plusieurs fonds spécialisés
dans ce domaine ont d’ailleurs été lancés, et ceux-ci sont généralement gérés
par des spécialistes ayant forgé leur expérience dans des maisons de ventes aux
enchères comme Christie’s ou Sotheby’s. En tant que particulier, il ne faut donc
pas être nécessairement très fortuné pour acheter un « Van Gogh ».
Vous pouvez n’y consacrer qu’une mise limitée.
ABN Amro ne cache pas qu’avec cette initiative, elle compte
profiter de l’intérêt croissant pour les placements en art, partout dans le
monde. Ce nouveau service concernera non seulement les fonds existants qui
investissent dans l’art, mais aussi le propre fonds qu’ABN Amro lancera début
2005. Les gestionnaires achèteront et vendront des peintures, des sculptures
et des porcelaines.
Si vous n’y connaissez rien en art, ou presque rien, et souhaitez
investir dans un tel fonds, vous confiez totalement votre sort aux mains des
gestionnaires. En outre, le marché de l’art – malgré le haut rendement
annuel avancé par ABN Amro – se caractérise par de fortes fluctuations
cycliques. Et si certaines œuvres d’art se vendent à des prix exorbitants,
d’autres font parfois l’objet de prix de vente dérisoirement bas. Bref, il
s’agit là d’un choix personnel dont le rendement potentiel reste fort aléatoire.
Les amateurs ont intérêt à limiter (fortement) la part de ce type de placement
au sein de leur portefeuille.

|