J’ai lu à plusieurs reprises que le déficit sur la balance courante
américaine pouvait constituer une menace importante pour le cours du dollar.
Vous-même écrivez régulièrement dans « Economie et marchés » que les déficits
budgétaire et commercial (aussi appelés "twin deficits") constituent un
déséquilibre pour l'économie américaine. Parallèlement, pourtant, vous
conseillez les investissements en dollar. La sous-évaluation du billet vert
serait-elle un argument plus important que ces déficits ?
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En fait, l’astuce se situe au niveau du timing. Si les
déséquilibres constituent une menace aujourd'hui et à court terme, dans les
années à venir, le déficit de la balance courante devrait
« naturellement » se résorber. A cet égard, plusieurs scénarios sont
envisageables. Dans le premier, les ménages augmenteraient leur épargne, du
fait d'une augmentation de leurs revenus ou d'une modération de la consommation.
La hausse des taux d’intérêt pourrait en effet inciter les consommateurs
américains à ralentir leur consommation et à épargner davantage, ce qui
freinerait les importations. Dans le deuxième scénario, le gouvernement
réduirait ses déficits, du fait de la croissance économique (augmentation des
recettes fiscales) ou par le biais d’un plan d'austérité. Enfin, troisième
possibilité : le déficit commercial américain pourrait se réduire suite, par
exemple, à une demande accrue de l'étranger, et de l'Europe en particulier. Pour
toutes ces raisons, la sous-évaluation du dollar – et le beau potentiel de
hausse qui en découle – justifie de s'y intéresser dans une optique de
moyen et long terme. Bref, si investir en dollar pour un horizon de six à douze
mois nous semble effectivement risqué et hautement spéculatif, un placement pour
plusieurs années offre de très bonnes perspectives, le dollar étant appelé à se
réévaluer tôt ou tard. Hors effets de change, les rendements attendus aux
Etats-Unis sont également supérieurs. Les taux d'intérêt y sont en effet un peu
plus élevés, et la croissance plus forte.
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