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J’ai vu dans vos tableaux que l’action General Motors, qui est pourtant assortie d’un degré de risque 5, était à l’achat. Par contre, d’autres actions également assorties d’un degré de risque 5, comme Jenoptik ou Zapf, sont à la vente. Je pourrais du reste encore citer d’autres exemples pour des actions au degré de risque plus faible. Mais tout cela est-il bien logique ?
 

Rendement et risque : un couple indissociable
Votre question est tout à fait compréhensible. Les risques associés à une action représentent un facteur important mais qui doit être considéré en regard d’autres éléments comme la valorisation de l’action et votre profil d’investisseur. Nous fondons en effet toujours nos conseils sur les prévisions pour l’action au regard du cours actuel. Mais nous essayons aussi dans le même temps de vous indiquer le degré de risque lié aux actions. L’objectif doit en effet toujours être de parvenir à un équilibre optimal ente le risque et le rendement, car vous ne pourrez jamais exclure totalement le risque. Nous vous expliquons une fois encore ci-après de quoi il en retourne.

Toute entreprise doit prendre des risques
Entreprendre et prendre des risques sont indissociablement liés car aucune entreprise ne peut espérer prospérer sans prendre de risques. Grandir n’est possible qu’en conquérant de nouveaux marchés et en lançant de nouveaux produits. Où serait aujourd’hui une banque comme KBC si elle n’avait pas pris le risque de s’étendre en Europe de l’Est ? Le cours du sidérurgiste Mittal aurait-il progressé autant si sa direction n’avait pas décidé, voici quelques années, d’opter pour une stratégie dynamique d’acquisitions dans les pays émergents ?
Prendre des risques est donc une nécessité à condition, toutefois, qu’ils restent justifiés. Nombre d’entreprises l’ont déjà appris à leurs dépens. Une société comme Adidas éprouve ainsi certaines difficultés à digérer l’acquisition de Reebok en 2005. Quant au constructeur automobile Chrysler, il a déjà dû regretter à plusieurs reprises d’avoir pris l’option stratégique de lancer un grand nombre de modèles comme les 4x4 ou les breaks, gros consommateurs de carburant, juste avant l’explosion des cours du pétrole.

Encore bien d’autres risques
Outre les risques liés aux choix d’expansion, il existe encore bien d’autres dangers. Sans prétendre en donner une liste exhaustive, nous pensons par exemple au risque qu’une société ne contracte trop de dettes et se retrouve in fine dans l’impossibilité de les rembourser, au risque de douloureuses poursuites judiciaires – demandez aux fabricants de tabac et d’amiante ce qu’ils en pensent –, aux risques de changement radical des conditions de marché, par exemple suite à l’arrivée des génériques, ou encore au risque de non-respect des règles de bonne gouvernance.

Coefficient de risque
En ce qui concerne nos conseils, nous tenons compte des différents types de risques à travers un coefficient de risque exprimé sous la forme d’un chiffre. Des actions comme Aviva, Brederode ou UBS, qui impliquent peu de risques, sont assorties du chiffre 1. Des actions très risquées, comme Merck ou Jenoptik, se sont par contre vu attribuer le chiffre 5.

Point de salut
· Ce n’est toutefois pas parce qu’une action implique des risques importants que vous devez automatiquement l’ignorer. Une action avec un degré de risque 5 se trouve incontestablement dans une période difficile, mais il se peut aussi que cela pèse énormément sur le cours au point de rendre l’action bon marché et « digne d’achat ». Ceci est selon nous le cas actuellement avec le constructeur automobile General Motors qui éprouve des difficultés à relever ses chiffres de ventes et à réduire ses dettes. Toutefois, nous pensons que le plus dur pour la société devrait être passé d’ici deux à trois ans, ce qui nous incite à conseiller l’action à l’achat pour les investisseurs qui n’ont pas peur de prendre quelques risques. Bien sûr, personne ne peut être sûr que le plus grand constructeur automobile au monde parviendra réellement à se redresser et une baisse du cours reste donc parfaitement possible. Mais l’inverse est vrai aussi. Une action comme celle du français Air Liquide, particulièrement peu risquée et offrant de bonnes perspectives, ne nous semble pas actuellement intéressante dans la mesure où son cours tient déjà compte des perspectives. Cette action est dès lors chère et nous conseillons de la vendre.
· En conclusion, le risque constitue un élément incontournable de nos analyses et c’est la raison pour laquelle nous vous indiquons, dans nos tableaux, les risques que les différentes actions impliquent à nos yeux, de façon à ce que vous puissiez effectuer votre choix en connaissance de cause, en fonction du niveau de risque que vous acceptez. Toutefois, fonder des conseils sur le seul critère du risque serait réducteur et nous préférons dès lors tenir compte essentiellement de la valorisation.

 

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