J’ai lu récemment, dans un article sur les hedge funds, que ceux-ci
comprenaient aussi une catégorie appelée "event-driven". Qu’entend-on
précisément par-là ?
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Rendement
absolu… L’objectif
principal des hedge funds est d’obtenir ce que nous appelons un rendement
absolu, à savoir un rendement positif, indépendamment de ce qui se passe en
Bourse. Voilà pourquoi on les appelle aussi des fonds à rendement absolu.
Pour que tout soit clair, notons également que rien ne garantit que ces fonds ne
peuvent pas perdre d’argent.
… de nombreuses manières Il existe de
nombreuses sortes de hedge funds. La plupart du temps, ceux-ci sont classés en
fonction de leur stratégie. En général, nous distinguons neuf stratégies,
réparties en trois grandes branches. La branche event-driven en est une.
Les fonds event-driven se concentrent sur un événement (event en anglais)
déterminé et tentent de profiter de cette situation. Ces stratégies sont
payantes si la prédiction du gestionnaire se vérifie. Dans le cas contraire, la
sanction est immédiate.
Surtout les fusions et
acquisitions
La principale stratégie event-driven est celle du
merger arbitrage. Prenons par exemple l’actuelle bataille pour
l’acquisition d’ABN Amro. Le gestionnaire d’un fonds event-driven pourrait
estimer que le cours de la banque néerlandaise va d’une part augmenter et que
celui du possible acquéreur, d’autre part, diminuera proportionnellement à
l’ampleur du montant à payer. Le fonds achètera alors des actions ABN Amro. Dans
le même temps, il vendra les actions de l’acheteur potentiel, sans même les
détenir (ce que l’on appelle shorter dans le jargon), dans l’espoir de
pouvoir les racheter plus tard à un prix inférieur. Si les hypothèses se
vérifient, le gestionnaire enregistrera alors un double bénéfice. Dans l’autre
cas, nous parlerons au contraire d’une double perte. Compte tenu des risques
potentiels, cette vente à découvert (short) est interdite aux fonds de placement
classiques.
Autres “events” · Une autre stratégie event-driven, appelée
distressed securities, consiste à spéculer sur les sociétés qui
connaissent de graves difficultés financières. Le gestionnaire espère un
redressement (rapide) qui devrait doper le cours de Bourse. · A travers la stratégie Regulation D,
le gestionnaire participe à des augmentations de capital privées de très petites
entreprises dans l’espoir d’obtenir d’excellentes conditions. · Enfin, le gestionnaire peut également, à
travers des obligations pourries (junk bonds en anglais), miser sur une
possible amélioration de la solvabilité de l’émetteur pour obtenir des gains
supplémentaires.
Fonds leviers en Belgique ? En
Belgique, ces fonds pour le moins atypiques ne sont pas à proprement parler
accessibles au petit épargnant. La Commission bancaire, financière et des
assurances (CBFA), le chien de garde belge des opérations financières,
n’autorise en effet que les hedge funds diversifiés, par ailleurs associés à une
protection du capital. Cette prudence est selon nous dans l’intérêt du petit
investisseur. Nous estimons en effet que le marché des fonds leviers,
contrairement à celui des fonds classiques, est bien trop peu réglementé. Il est
dès lors relativement difficile, pour l’épargnant lambda, de connaître la
stratégie de placement suivie précisément par ces fonds spéculatifs ou de
comprendre les conséquences financières que peuvent avoir les choix des
gestionnaires.

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