J’ai toujours cru que le marché américain des "pink sheets" n’abritait que
des actions très risquées de sociétés de petite capitalisation. Or, j’apprends
aujourd’hui que des actions de grands groupes européens, comme Nestlé, Roche,
Heineken ou Volkswagen, y seraient également cotées. Est-ce exact et si oui,
pouvez-vous me donner de plus amples explications ?
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S’il est aujourd’hui électronique, le marché des “pink sheets” tire
son nom du fait que les actions qui y sont cotées étaient auparavant imprimées
sur du papier rose. Et comme vous le dites à juste titre, il abrite surtout des
actions de sociétés trop petites pour les grandes Bourses comme le Nasdaq ou le
New York Stock Exchange (NYSE). Mais de grandes sociétés européennes, comme
celles que vous citez, ont parfois recours à ce marché pour obtenir une cotation
de leurs actions sur le marché américain. Ceci se fait alors sous la forme
d’American Depository Receipts, ou ADR, ce qui permet d’échapper aux importants
frais de cotation en vigueur sur les grandes Bourses ainsi qu’aux rigoureuses
exigences de la réglementation américaine. Une société cotée sur les “pink
sheets” n’est en effet pas tenue d’établir ses comptes selon les normes
comptables américaines et échappe à la célèbre législation Sarbanes-Oxley qui
augmente, notamment, la responsabilité pénale des dirigeants. Cela ne veut
toutefois pas dire que vous devez vous inquiéter : les entreprises européennes
dont il est ici question respectent les règles en vigueur en Europe et dans leur
pays. Une cotation sur les “pink sheets” est en réalité destinée uniquement
à toucher plus facilement les investisseurs américains. Les actions n’y sont
d’ailleurs pas meilleur marché qu’en Europe.
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