Le site de Budget Hebdo, le conseil financier indpendant de Test-Achats
Recherche :  

Fiches détaillées
Nos favorites à l'achat
Comparatifs sectoriels
Portefeuille Budget Hebdo
Fiches détaillées
Les sicav à l'achat
Tableaux comparatifs



 

Un ami m'a appris que Dell, le géant américain du PC, venait d'annoncer qu'il corrigeait ses comptes annuels pour tenir compte d'erreurs et autres irrégularités. Je croyais que ce type d'agissement avait disparu depuis les scandales Enron, WorldCom et consorts. Qu'en est-il ?
 

Effectivement, à la suite d'un audit interne, Dell a mis en évidence des irrégularités comptables qui l'amènent à redresser ses chiffres pour la période allant de 2003 au 1er trimestre 2007. Certes, l'ampleur de la correction est minime puisqu'elle ne devrait pas dépasser 0,02 à 0,07 USD par action alors que pour la même période les bénéfices par action cumulés sont de 4,78 USD. Il n'empêche : cette affaire appelle deux commentaires.

Non aux dérives « court termistes »
Primo, il apparaît que, au moins pour partie, ces irrégularités ont été commises sciemment, dans le but d'atteindre les objectifs financiers trimestriels que la société s’était fixés. La direction de Dell communique en effet, lors de ses résultats trimestriels, une prévision sur la performance bénéficiaire attendue pour le trimestre suivant, et il est de bon ton, pour soutenir le cours de l'action, d'atteindre, voire de dépasser cet objectif. Pour y parvenir, certains ont pris des libertés avec la réalité comptable. C'est très décevant de la part d'une entreprise de la renommée de Dell, et cela quelques années seulement après les scandales que vous citez. Qui sait ce qu’il serait advenu si l’écart avait été plus important entre l'objectif et la réalité ? Comme par hasard, signe supplémentaire de fragilité, ces comportements ont eu lieu alors que Dell était rattrapé par son concurrent Hewlett-Packard (HP). Evidemment, ce sont les actionnaires qui, in fine, paient les pots cassés. Car de telles investigations sont onéreuses en temps et en argent ! Notre position est sans équivoque : nous sommes opposés à la publication d’objectifs à court terme par les sociétés car la tentation est trop grande de commettre des irrégularités (comme ici) ou de compromettre l'avenir à moyen ou à long terme par des mesures « court termistes ». Par exemple une rigueur excessive.

Vers une amélioration des pratiques
Secundo, il est vrai que les Etats-Unis, après les errements de la bulle technologique, ont adopté des lois (dites "Sarbanes-Oxley") pour renforcer les contrôles internes dans les entreprises. En 2006, pour ce qui est des grandes entreprises (= capitalisation boursière supérieure à 700 millions USD), on a dénombré une baisse de 20 % de ces corrections par rapport à 2005. C’est le premier mieux depuis 2001. Autrement dit, dans la qualité de l'information financière apportée aux investisseurs, il y a globalement un mieux apporté par ces lois après une première phase d'assainissement. Dell ne met de l'ordre dans ses comptes qu'aujourd'hui seulement, mais l’effort a été fait. Notons que la société américaine n'est pas pour autant totalement sortie d’affaire. La SEC, le gendarme boursier américain, continue son enquête. On ne peut exclure que cela débouchera sur de nouveaux redressements et pénalités.

 

retour home haut de page imprimer la page