J’ai toujours pensé qu’il était judicieux, en période de remous
économiques, d’intégrer des actions défensives dans son portefeuille. J’ai aussi
toujours pensé que les actions de sociétés actives dans le secteur de la
distribution étaient défensives car elles vendent, surtout, des produits
alimentaires. Or, je vois dans vos tableaux que vous conseillez de vendre la
plupart des actions du secteur de la distribution. Comment cela se fait-il
?
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Distinction Tout d’abord, et surtout,
vous devez bien distinguer les distributeurs alimentaires des autres groupes de
distribution. Alors que la distribution alimentaire peut être classée dans les
secteurs défensifs, cela est bien moins évident pour les autres distributeurs.
Les distributeurs de vêtements et de chaussures, comme Brantano, ou, surtout,
les magasins de bricolage (par. ex. Home Depot, Kingfisher) sont ainsi bien plus
tributaires des cycles économiques que les distributeurs alimentaires. Le
consommateur a en effet bien plus tendance, en période de marasme économique, à
reporter ses achats de vêtements ou encore ses travaux de transformation ou de
décoration à la maison. Mettre toutes les actions du secteur de la distribution
dans le même panier défensif est donc dangereux.
Temps difficiles pour les distributeurs
alimentaires Bien sûr, tout le monde doit toujours manger. Les groupes
de distribution alimentaire peuvent dès lors toujours compter sur un chiffre
d’affaires relativement stable, que l’économie tourne à plein régime ou, au
contraire, au ralenti. Les risques sont donc limités. Néanmoins, il s’agit aussi
d’un secteur relativement mature qui, intrinsèquement, n’a que peu de
possibilités de croissance. En Belgique, par exemple, la loi sur les
implantations commerciales limite fortement les possibilités d’ouvrir de
nouveaux magasins. Et que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis, les distributeurs
doivent se livrer à une guerre des prix sans pitié contre les
discounters.
Actions
chères Le caractère défensif
des actions du secteur de la distribution alimentaire n’empêche pas les
perspectives d’avenir d’être déjà plus qu’intégrées dans les cours actuels, tant
et si bien que les actions sont chères. Voilà pourquoi nous conseillons de
vendre Ahold, Carrefour, Colruyt et Metro. Par contre, vous pouvez conserver
Casino et Delhaize.

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