Je lis un peu partout, y compris dans vos colonnes, que les Etats-Unis
vont entrer en récession. Pourtant, vous avez encore écrit récemment que vous
vous attendiez, pour le pays de l’Oncle Sam, à une croissance de 0,7 % en 2008.
A quoi cela rime-t-il ? Une récession n’implique-t-elle pas que l’activité
économique ne croît plus ? N’est-il pas dès lors exagéré de parler de récession
américaine ?
|
 |
Il existe en réalité plusieurs définitions de ce qu’est une
récession économique. Dans l’opinion publique, beaucoup s’accordent à parler de
récession lorsque le PIB, c’est-à-dire l’ensemble des biens et services produits
par un pays sur une année, baisse pendant deux trimestres d’affilée. Cela ne
devrait pas être le cas aux Etats-Unis et sur la base de cette définition, on ne
pourrait effectivement pas parler de récession. D’un autre côté, cette
définition apparaît aussi de plus en plus caduque dans nos économies modernes où
nous parvenons de mieux en mieux à modérer les fluctuations économiques, ce qui
réduit le risque de croissance économique négative une année donnée. Mais cela
n’écarte pas pour autant le risque d’un ralentissement de l’activité économique,
comme les Etats-Unis le vivent actuellement, avec toutes les conséquences
fâcheuses que cela implique. Et c’est là que prend tout son sens la nouvelle
définition qu’on pourrait donner au terme de récession, et qui est d’ailleurs
celle retenue par le NBER, l’organisme américain chargé de définir les cycles de
croissance : « la récession est une baisse significative de l’activité
économique, qui s’étend sur plusieurs mois et a un impact visible sur de
nombreux pans de l’économie : PIB, revenus, emploi, production
industrielle, ventes, etc. ». Aussi, avec une croissance attendue de
seulement 0,7 % en 2008, il apparaît clairement que les Etats-Unis sont
sensiblement en dessous de leur rythme de croisière habituel et on peut donc
parler, selon la définition plus pragmatique qu’on lui donne, de récession.
 |

|