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Comptes d'épargne

De quoi s'agit-il ?
Sécurité
Liquidité
Rendement
Fiscalité
Frais
Sélection
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De quoi s'agit-il ?

Autrefois
Beaucoup de belges ont encore eu dans leur enfance un livret d'épargne dans lequel le guichetier (de la poste ou de la caisse d'épargne) inscrivait à la main ou aux moyens de timbres le montant des économies rassemblées. Dans les institutions qui avaient à l'époque le statut de banque (alors différent des caisses d'épargne), le produit similaire se dénommait carnet de dépôts.

Aujourd'hui
Le compte épargne a désormais remplacé ses ancêtres. Si la forme a évolué, l'usage reste identique. Il s'agit de "mettre de côté" les sommes de son budget régulier qu'on réserve à des dépenses postposées (impôts, chauffage, travaux, vacances, voiture, …) où qu'on veut immobiliser pour n'importe quelle autre raison, mais pour une durée qui sera de grand maximum deux ans. Il s'agit de sommes qu'on veut aussi garder parfaitement disponibles, tout en leur accordant un revenu supérieur à celui (quasi nul) des comptes à vue.

Ordinaire ou haut rendement
On appelle compte d'épargne ordinaire un compte qui satisfait aux conditions permettant de bénéficier d'une immunisation fiscale des intérêts (voir "Fiscalité ").
C'est le compte qu'on trouve dans toutes les banques.
On distingue de cette version classique les comptes qui ne satisfont pas à ces conditions et cherchent à offrir une rémunération plus concurrentielle. On les dénomme compte à haut rendement. Cette appellation est justifiée à certaines périodes, à d'autres moins. Ces comptes peuvent faire l'objet de diverses conditions en matière de frais, d'octroi du taux (mises minimales), … et ne bénéficient pas de l'immunisation fiscale.

Sécurité

Le compte épargne est un instrument très sûr.
Il s'agit de dépôts bancaires, de créances nominatives, dont le capital ne fluctue d'aucune manière. La banque vous garantit qu'elle vous restitue les montants en compte.

Faillite de la banque
Le seul risque (potentiel !) qu'on court de ne pas récupérer son capital est la faillite de l'institution.
Mais il faut savoir que les faillites bancaires sont rares dans nos économies occidentales. En Belgique, les dernières décennies, les rares cas de petites banques qui se sont trouvées en difficultés ont fait l'objet d'un consensus du secteur bancaire : pour conserver la confiance du public les banques se mettent généralement d'accord pour que la petite institution en difficultés soit reprise par un grand groupe, reprise incluant toute obligation de remboursement.
S'il y a faillite malgré tout, vu que les banques cotisent à un fonds de garantie (www.fondsdeprotection.be ), celui-ci intervient pour indemniser les épargnants lésés. Le montant de l'indemnité versée par le fonds se limite à 20 000 euros par personne, tous avoirs confondus dans cette banque. Il s'agit d'un système européen. Cet éventuel dédommagement s'applique aux comptes à vue, comptes épargne et comptes à terme libellés en euro et en devises appartenant à l'Union européenne. Ce système de garantie vaut donc aussi pour les dépôts d'une contre-valeur de 20 000 euros en couronne suédoise, en couronne danoise ou en livre britannique. Il est également valable pour les devises des deux pays européens ne faisant pas partie de l'Union européenne, mais bien de l'Espace économique européen, à savoir l'Islande et la Norvège. Le système ne s'applique donc pas aux devises de la zone dollar.
En amont, le contrôle de la Commission Bancaire, Financière et des Assurances (CBFA) réduit le risque. En cas de problèmes, la Commission a pour rôle d'informer le public, mais aussi d'imposer à la banque des mesures d'assainissement.
Quoiqu'il en soit, s'adresser à des grands groupes plutôt qu'à de petites institutions est à conseiller si on considère principalement le critère de la sécurité.

Stabilité du rendement
Sauf mention contraire dans les conditions générales, le taux d'intérêt d'un compte épargne peut être modifié à tout moment, au bon gré du banquier. On ne peut donc jamais être sûr du rendement que procurera un tel compte.

Liquidité

En théorie, le compte d'épargne peut se révéler moins liquide que le compte à vue. Tant certaines dispositions légales que les conditions générales de la banque peuvent venir entraver la parfaite disponibilité des sommes souhaitées.
En pratique, on constate que les banques agissent normalement pour assurer au produit la meilleure liquidité possible. Il n'empêche qu'il faut garder en mémoire quelques caractéristiques qui peuvent être parfois d'application.

· En cas de retrait important, pour éviter toute surprise, autant avertir l'institution financière au préalable.
· A toutes fins utiles, vérifier une fois pour toutes ce que prévoient éventuellement les conditions générales de la banque en matière de préavis pour un retrait sur un compte épargne.
· Il est toujours possible de retirer de l'argent en liquide d'un compte d'épargne. On peut aussi faire des virements à partir du compte épargne, vers son propre compte ou le compte de son (sa) partenaire, à condition que ce compte soit dans la même banque. Certains paiements au départ d'un compte épargne sont aussi acceptés : le paiement de primes d'assurance, de la location d'un coffre, ou encore le transfert d'argent pour des placements.
· Mais le virement d'un compte d'épargne vers un compte d'épargne d'une autre banque doit être considéré comme un virement vers un tiers. Et la banque de laquelle émane l'ordre ne connaît pas l'identité de cette tierce personne. Dans une telle situation, la banque a le droit de refuser l'exécution du virement. Certaines l'acceptent, à condition de communiquer, au moment de l'ouverture du compte d'épargne, le numéro du compte tiers vers lequel on souhaite faire des virements.
· Pour les comptes d'épargne offrant des taux plus élévés (comptes dits "à haut rendement"), les conditions de liquidité peuvent être plus fréquentes et/ou plus sévères. Il convient de s'informer au départ de ce que prévoient les conditions générales.
· Si même les sommes sont parfaitement disponibles, le fait de les retirer à n'importe quel moment peut avoir une influence sur le calcul des intérêts, en fonction du système de dates-valeur appliqué (voir "Rendement ").

 

Rendement

Le taux de base
C'est le taux d'intérêt annuel. Il est légalement limité à un maximum de 4 % pour le compte d'épargne ordinaire, bénéficiant d'un avantage fiscal (voir par ailleurs). Il n'atteint pas toujours ce maximum. De manière générale, de petites banques sont souvent plus généreuses que les grandes institutions.
Pour 2 500 euros qui restent du 1er janvier au 31 décembre sur un compte d'épargne offrant un taux de base de 2,5 %, l'intérêt sera de 62,5 euros. L'intérêt est versé sur le compte à la fin de l'année civile. S'il reste sur le compte d'épargne, il produit lui-même de nouveaux intérêts. Si on effectue des retraits et des dépôts au cours de l'année (comme c'est souvent le cas pour les comptes d'épargne), l'intérêt est calculé au prorata, de sorte que l'épargnant peut difficilement procéder lui-même au calcul de ce qui lui sera versé.

Les primes
En plus du taux de base, les banques accordent un revenu supplémentaire sur les montants en compte d'épargne, sous la forme de primes, octroyées à certaines conditions. Pour le compte d'épargne ordinaire bénéficiant d'un avantage fiscal (voir par ailleurs), le taux des primes ne peut excéder la moitié du taux de base (soit 2 %).
· prime d'accroissement : rémunération qui s'ajoute au taux de base pour tous les nouveaux versements qui restent en compte au moins six mois (beaucoup plus rarement douze mois). Elle peut être calculée sur six mois seulement, ou jusqu'à la fin de l'année civile (plus avantageux), ou jusqu'à la fin de l'année civile au cours de laquelle la période requise de six mois a échu (encore plus avantageux).
· prime de fidélité : rémunération qui s'ajoute au taux de base pour tous les montants qui restent en compte au moins 12 mois et qui ne bénéficient pas de la prime d'accroissement. Pour déterminer la période de 12 mois, certaines banques ne prennent pas en compte les 6 mois donnant droit à la prime d'accroissement, d'autres oui (plus avantageux). Par la suite, beaucoup de banques exigent que l'argent reste en compte chaque fois 12 mois consécutifs, faute de quoi la dernière prime n'est pas accordée.
Tant le taux des primes que leur méthode de calcul diffèrent sensiblement de banque à banque.

Les dates-valeur
Le jour d'une opération sur un compte épargne n'est pas le jour pris en compte pour le calcul des intérêts.

Pour le taux de base :
· Après un dépôt en liquide, un versement, le dépôt d'un chèque, une fois sur le compte, l'argent commence généralement à produire des intérêts le lendemain (J + 1).
· Après un retrait, la banque peut considérer que les intérêts ont cessé de courir jusqu'à un maximum de 7 jours auparavant (J – 7).
Pour les primes, la date-valeur peut être identique à celle du taux de base, mais dans beaucoup de cas, le calcul se fait par quinzaine ou par mois.
Nous critiquons les banques qui utilisent un système qui pénalise l’investisseur s’il retire son argent à un "mauvais" moment. Nous critiquons aussi le fait qu’il existe pratiquement autant de variantes au fonctionnement des comptes d’épargne qu’il existe de banques qui proposent ce produit. Malgré tout, certaines institutions jouent le jeu en proposant des conditions non seulement bonnes mais aussi transparentes pour l’épargnant. Si ce n'est pas le cas, le rendement réel du placement est souvent inférieur au taux annoncé.

Le supplément coopérateur
Dans les institutions (assez rares) qui ont le statut de société coopérative et proposent à leur clientèle de faire l'acquisition de parts de coopérateurs, les détenteurs de ces parts qui sont également titulaires d'un compte d'épargne, peuvent bénéficier d'un taux de faveur sur leur épargne.

Fiscalité

Compte d'épargne ordinaire
Le compte d'épargne ordinaire, c'est à dire
·  libellé en euros
· dont le taux de base est limité à 4 % maximum
· dont le taux des primes ne peut excéder la moitié du taux de base
· dont les primes valent pour des dépôts restés en compte minimum 6 mois
·
dont les primes d'accroissement et de fidélité ne se cumulent pas

bénéficie d'un avantage fiscal : les intérêts sont exonérés de précompte sur la première tranche de 1 660 euros (en 2008).
Si les intérêts dépassent cette somme ou si le compte ne satisfait pas aux limites énoncées ci-dessus, un précompte mobilier de 15 % est retenu à la source sur les intérêts.
Ce précompte est libératoire, c'est à dire que les revenus mobiliers sur lesquels il porte, ne doivent plus faire l'objet d'aucune déclaration au fisc.
Cet avantage fiscal s'entend par contribuable (et non par ménage comme auparavant). Un compte d'épargne au nom de deux personnes (par exemple des conjoints) bénéficie ainsi d'une exonération de précompte sur la première tranche de 2 x 1 660 = 3 320 euros.

Et les enfants ?
Etant donné que les parents ont un droit de jouissance légale sur les revenus de leurs enfants mineurs, les intérêts perçus par ceux-ci doivent être additionnés à ceux des parents (la moitié pour chacun des parents).
Si le plafond est dépassé, les parents doivent mentionner l’excédent dans leur propre déclaration fiscale.
Les intérêts d’un compte d’épargne d’un enfant majeur ne doivent plus être ajoutés à ceux des parents. Chaque enfant majeur a droit à sa propre exonération de 1 660 euros.

Plusieurs comptes différents
Actuellement, il n'y a pas de volonté réelle d'empêcher les contribuables de contourner la limite de 1 660 euros par contribuable en répartissant leurs capitaux sur plusieurs carnets d'épargne différents. L’exonération est ainsi appliquée séparément sur chaque compte d’épargne,  et c’est donc à vous, contribuable belge, qu’il revient de mentionner dans votre déclaration les intérêts qui doivent être normalement soumis

Compte à haut rendement
Si un compte épargne s'écarte des conditions ci-dessus, c'est normalement pour offrir des conditions plus concurrentielles. On le distingue alors généralement du compte épargne ordinaire en l'appelant compte à haut rendement. Même si son rendement n'est pas toujours mirobolant. Ce type de compte ne bénéficie pas de l'avantage fiscal ci-dessus et est soumis d'office à la retenue à la source d'un précompte mobilier (libératoire) de 15 %.

Frais

Le compte épargne est un instrument qui génère peu de frais.

· Ouverture d'un compte épargne : jamais de frais
· Clôture d'un compte épargne : frais pas très fréquents mais pas exceptionnels non plus; oscillent entre 2,5 et 15 euros, grosso modo. On peut parfois les éviter en procédant à la clôture à la fin de l'année civile, ou encore en restant client de la banque pour d'autres produits. S'informer précisément des conditions générales de la banque à ce niveau.
· Gestion d'un compte épargne : frais assez rares, oscillant entre 1 et 10 euros, grosso modo. S'informer précisément des conditions générales de la banque à ce niveau.
· Autres frais : des frais de port ou de timbres peuvent être portés en compte, notamment pour la mise à disposition des extraits de compte. S'informer précisément des conditions générales de la banque à ce niveau. Choisir, le cas échéant, la solution la moins chère (retraits d'extraits à un terminal, au guichet, …).

Globalement, les comptes à haut rendement sont susceptibles de générer plus de frais que les comptes d'épargne ordinaires.

Sélection

S'il peut paraître évident à première vue de sélectionner un produit aussi courant que le compte épargne, la réalité est tout autre. Le marché du compte épargne en Belgique manque énormément de transparence, de par la diversité des conditions; le petit épargnant n'a guère les moyens d'établir une comparaison correcte.

Il faut toutefois savoir :
·  Si on pense avoir besoin de son argent dans moins de 6 mois, mieux vaut privilégier les comptes qui offrent un taux de base élevé.
· A partir de 6 mois (un peu plus si on tient compte des dates valeur), il faut aussi prendre la prime d’accroissement en considération.
· Au-delà de 6 mois, les affaires se compliquent. De manière générale, c’est la prime de fidélité qui prend le relais. Cette prime est octroyée à condition de laisser l'argent en compte soit encore 6 mois, soit encore 12 mois après l’octroi de la prime d’accroissement, soit encore un autre délai. Par la suite, la prime de fidélité est octroyée par périodes successives de 12 mois, pour autant qu'on laisse son argent durant toute cette période. Si ce n’est pas le cas, on perd le bénéfice de la prime en cours. Certaines banques accordent des primes au prorata de la durée du placement, ce qui a l'avantage d'être transparent.

Nous critiquons les banques qui utilisent un système qui pénalise l’investisseur s’il retire son argent à un "mauvais" moment. Nous critiquons aussi le fait qu’il existe pratiquement autant de variantes au fonctionnement des comptes d’épargne qu’il existe de banques qui proposent ce produit. Malgré tout, certaines institutions jouent le jeu en proposant des conditions non seulement bonnes mais aussi transparentes pour l’épargnant.

De manière régulière, Budget Hebdo suit le marché des comptes épargne et établit un classement des institutions les plus avantageuses pour ce créneau, sur base des critères ci-dessus.

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