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Sicav et fonds de placement : Hedge Funds
Tantôt appelés fonds de couverture, tantôt fonds
spéculatif, ou encore fonds à gestion alternative, les hedge funds recourent
à diverses stratégies de gestion et peuvent notamment exploiter les effets de
levier, le but étant de dégager du rendement, quelle que soit l'évolution des
marchés.
Principe
A la base, le principe du hedging est le suivant : un
investisseur achète des actions dont il pense qu’elles vont monter tout en
vendant en même temps des actions dont il pense qu’elles vont baisser. Ce
faisant, il adopte une attitude de neutralité vis-à-vis de la Bourse. Autrement
dit, il se protège à la fois contre une hausse et contre une baisse du marché
Les hedge funds sont des
fonds qui recourent à cette pratique. Voilà pour la théorie. Mais dans les
faits, très peu de fonds sont totalement insensibles aux fluctuations de la
Bourse. Les authentiques "fonds immunisés" ne représentent même pas 20 % du
marché. Tous les autres adoptent des stratégies d'investissement diverses et
présentent un niveau de risque variable, en fonction de cette stratégie.
Dérégulation
On dénombre de par le monde plus de 5 000 "hedge funds" et
chacun d’eux a ses propres gestionnaires et sa propre manière de gagner de
l’argent.
Les "hedge funds" ne sont pas des fonds comme les autres. Il
s’agit en fait de fonds dérégulés dont l’objectif premier est le
rendement absolu – ce qui n’est pas le cas des autres
fonds. La plupart des "hedge funds" sont localisés dans l’un ou l’autre paradis
fiscal et investissent dans tout ce qui ressemble à un instrument financier,
sans devoir rendre de comptes à quelque instance de contrôle que ce soit. Les
gestionnaires de ce type de fonds sont royalement rémunérés - jusqu’à 20 % du
rendement qu’ils dégagent et bénéficient de la plus large latitude de gestion.
S’ils le voulaient, ils pourraient même investir la totalité de leurs moyens
dans une seule et même action ! Rien ni personne ne les oblige à justifier leurs
choix, ni à informer régulièrement le public. En échange, ils ne peuvent faire
de publicité et ils s’adressent à un public restreint d’investisseurs.
Exemple
Imaginons un "hedge fund" et un fonds classique investissant
tous les deux sur le marché américain des actions. Supposons qu’ils aient tous
deux fait mieux que le marché, mais que leur perte soit tout de même de 6 %.
C’est une bonne nouvelle pour le gestionnaire de fonds classique puisqu’il a
fait mieux que le marché. Pour le gestionnaire d'un "hedge fund", c’est une
mauvaise nouvelle. Il avait pour mission de dégager coûte que coûte un rendement
positif. Il a failli à sa tâche et sera pénalisé. Sa rémunération, qui est
calculée sur le rendement positif qu’il dégage, sera nulle. Il y a donc un monde
de différence entre les deux approches.
Les bienfaits
Les gestionnaires de "hedge funds" disposent d’une liberté
d’investissement plus grande que les gestionnaires de fonds classiques. Toute la
question est de savoir si cette liberté donne de meilleurs résultats. Le marché
des "hedge funds" est très vaste. On y trouve des profils des plus risqués et
d’autres quasiment dénués de risque. Selon le choix que l’on fait, on débouche
sur des stratégies de placement au(x) risque(s) et au(x) rendements les plus
divers. Ainsi, si certains "hedge funds" arrivent à faire nettement mieux que la
Bourse américaine en prenant moins de risques, l’inverse est tout aussi vrai
.
Et les risques
Les hedge funds sont caractérisés par trois principaux risques :
– l’absence de contrôle : dans la plupart des cas,
l’investisseur n’est pas informé sur la nature des placements effectués. Pour
beaucoup d’investisseurs (institutionnels), il s’agit là d’un obstacle
rédhibitoire. – le rôle du gestionnaire : il faut que ce
dernier soit à la fois talentueux et intègre. Il y a tout de même une sécurité:
généralement il investit beaucoup, lui aussi, dans le portefeuille qu’il
gère. – la liquidité : lorsque le vent boursier est mauvais,
les pertes peuvent être élevées. Celui qui veut sortir d’un "hedge fund" à ce
moment ne peut souvent le faire qu’à un prix cassé – quand il y arrive !
Diversification
Pour investir dans un "hedge fund", il faut souvent mettre un
minimum de 1 million de dollars sur la table. Pour investir dans un seul fonds,
c’est beaucoup. Encore faut-il savoir dans quel fonds investir. Le manque total
de transparence du secteur rend la tâche compliquée. Certaines institutions
proposent toutefois des fonds de fonds spécialisés dans les hedge funds.
Peu arrivent à performer aussi bien que le marché des hedge funds
lui-même.

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