Le français Michelin (33,47 EUR) a confirmé que la situation du marché du pneu au niveau mondial restait difficile et que sa rentabilité continuait à s'effriter. Aussi nous avons abaissé nos prévisions bénéficiaires, de 4 à 3,8 EUR par action pour 2000 et de 4,7 à 4,5 EUR pour 2001. Comme ses concurrents, Michelin fonde beaucoup d'espoirs pour l'an prochain sur les hausses des prix des pneus qui viennent d'intervenir tant en Europe (± 49 % du chiffre d'affaires) qu'aux Etats-Unis (35 %). Mais les pressions concurrentielles limitent tout potentiel de forte amélioration des marges. En outre, aux USA le marché automobile est selon nous au début d'une phase de baisse, ce qui conduira à un recul du marché des pneus. Dans ce pays, après plusieurs accidents mortels, la question de la qualité des pneus s'est trouvée posée. Cela pourrait amener les constructeurs automobiles à y prêter plus d'attention. Une bonne chose pour Michelin, qui reste une référence en matière de pneus de qualité. Par ailleurs, nous ne voyons toujours rien venir en ce qui concerne l'expansion de Michelin en Asie. Dommage, car ce marché est prometteur. Depuis son plus haut de l'année, le cours a perdu 20 %, notamment à cause du prix du pétrole (auquel sont liés les prix des matières premières utilisées par le secteur des pneumatiques). L'action est bon marché, mais comme nous ne voyons pas ce qui pourrait animer le secteur et le cours, nous n'achèterions pas. Conserver.