Le chiffre d'affaires de Lafarge (106,2 EUR), géant français des matériaux de construction, a reculé de 7,4 % au 1er trimestre 2001. Mais sans la vente de la branche Matériaux spéciaux, il aurait augmenté de 3,1 %. Hormis la division toitures, toutes les activités (ciment, béton et granulats, plâtre) ont progressé, en partie il est vrai grâce à une hausse des prix de vente et à la baisse de l'euro, qui a gonflé après conversion les résultats réalisés à l'étranger. Lafarge souffre en Allemagne, où la construction ne parvient pas à se redresser, et en Amérique du Nord (26,9 % du chiffre d'affaires en 2000), où la conjoncture ralentit et où sa filiale Lafarge Corporation, malgré un chiffre d'affaires en hausse d'1,5 %, a triplé sa perte au 1er trimestre (acquisitions, baisse du prix du plâtre, hiver rigoureux). Face à la saturation progressive des marchés en Europe occidentale (46,8 % du chiffre d'affaires), le groupe continue de s'étendre vers des régions plus prometteuses. Ainsi, en Roumanie, il va fusionner ses activités plâtre avec celles d'un groupe local, devenant ainsi n°1 du marché dans la région. Il est également intéressé par une participation dans le plus grand cimentier d'Indonésie, pays où il a déjà racheté 2 concurrents. Par prudence nous abaissons nos estimations bénéficiaires (hors éléments exceptionnels) de 7,24 à 6,95 EUR par action pour 2001, et de 7,8 à 7,45 EUR pour 2002. Bonne stratégie. Action correctement évaluée. Acheter.