Au 1er semestre 2001, le chiffre d'affaires de Lafarge (98,85 EUR),
géant français des matériaux de construction, a reculé de 1,4 % et son
bénéfice hors éléments exceptionnels de 5,6 %. Suite à l'augmentation de
capital du début de l'année (qui a accru le nombre d'actions), le bénéfice par
action a même reculé de 18 %. Toutefois, il convient de relativiser quelque
peu ces résultats semestriels à première vue plutôt faibles. En effet, le groupe
a vendu l'an dernier la majeure partie de sa branche matériaux de
spécialités, et les résultats de Blue Circle, racheté cette année, ne seront
intégrés dans les comptes qu'au 2e semestre. La branche ciment (40 %
du chiffre d'affaires et 78 % du bénéfice d'exploitation) s'est très bien
comportée, mais la division toiture (13 % et 8 %) a fort
souffert de la crise de la construction en Allemagne et la division
plâtre (10 % et 0,4 %) de la chute du prix de ce matériau aux
USA. Pour le reste de l'année, la direction reste confiante et table sur une
croissance raisonnable du bénéfice, malgré les incertitudes du climat économique
actuel. Plusieurs éléments sont en effet encourageants : hormis la branche
plâtre, toutes les divisions ont vu leur chiffre d'affaires évoluer
favorablement au 2e trimestre, des mesures d'économies ont été prises dans les
divisions toiture et plâtre et le prix du plâtre remonte depuis
début juillet. De plus, Blue Circle contribuera au bénéfice à partir du 2e
semestre, et la fusion devrait générer dans les années qui viennent plus de
synergies que prévu. Enfin, la forte position acquise par Lafarge dans les pays
émergents devrait réduire la sensibilité des résultats à la conjoncture. Pour
cette année, nous abaissons à nouveau quelque peu nos prévisions bénéficiaires,
de 6,95 à 6,75 EUR par action, mais pour 2002 nous les remontons de 7,45 à
7,85 EUR. La stratégie de Lafarge est prometteuse selon nous et l'action
est correctement évaluée. Acheter.
Le ralentissement de la conjoncture en Amérique du Nord et en Europe pèse sur
le cours. Bonne stratégie. Acheter.