Le groupe brassicole Interbrew (28,8 EUR) a annoncé pour
le 3e trimestre un bénéfice d'exploitation (avant amortissements) moins élevé
que prévu. Hors acquisitions celui-ci n'a augmenté que de 5,8 % (contre
+ 6,4 % au 1er semestre). Bien que le groupe justifie cette situation
par d'importantes dépenses ponctuelles de marketing pour stimuler les ventes en
Russie et dans d'autres pays émergents, nous pensons que l'objectif d'une
croissance hors acquisitions de 8 % en 2001 ne sera pas facile à atteindre.
Au niveau de sa position concurrentielle sur le marché britannique, Interbrew a
finalement obtenu le feu vert des autorités compétentes pour racheter l'allemand
Beck's, qu'il considère comme très important pour son développement
international (les concessions qu'il a dû faire à cette fin n'ont
malheureusement pas été révélées). Quant au dossier Bass, sa clôture définitive
dépend de la vente des brasseries Carling (1re bière britannique avec 18 %
du marché). Le nom de l'acheteur et le prix payé seront déterminants pour
chiffrer les conséquences de l'affaire Bass, qui pénalise toujours le cours
d'Interbrew. Nous maintenons nos prévisions inchangées à 1,07 EUR par
action pour 2001 et 1,22 EUR pour 2002 (hors éléments exceptionnels).
L'action est assez chère, et dans le contexte de ralentissement économique
mondial, un achat spéculatif tel que nous l'avions conseillé dans notre numéro
du 10 septembre n'est plus d'actualité. Conserver.
Le manque de visibilité entourant les dernières grosses acquisitions du
groupe pèse sur le cours. Conserver.