Le français Alcatel (17,34 EUR), 5e fournisseur mondial
d'équipements télécoms, vient d'annoncer une perte pour le 3e trimestre du fait
d'une dégradation plus importante que prévu de ses divisions réseaux et
optique. Cette dernière branche devrait d'ailleurs connaître une année
2002 difficile : la direction prévoit un nouveau recul de son activité
fibres optiques sous-marines. En outre, certains opérateurs télécoms européens
(ses clients) ont annoncé une réduction de leurs investissements prévus pour
2002. Les perspectives du groupe se sont donc à nouveau assombries. Dès lors, la
direction envisage de supprimer 10 000 emplois supplémentaires. Au total le
groupe supprimerait donc 25 % de ses effectifs, ce qui reste peu comparé au
45 % annoncés par Nortel, le n°1 du secteur. Malgré tout, Alcatel résiste
mieux que la plupart de ses concurrents, du fait de sa moindre exposition aux
USA et de son leadership dans la technologie ADSL, moins affectée par la crise
car moins onéreuse. Le groupe aurait d'ailleurs gagné des parts de marché face
e.a. à Marconi, qui est bien mal en point sur le plan financier. Le groupe
devrait mieux résister à la crise que certains de ses concurrents, mais le
nouvel assombrissement des perspectives nous incite à la prudence. Nous
abaissons nos estimations de résultats : nous tablons à présent pour 2001
sur une perte de 1,76 EUR par action (contre 1,31 EUR précédemment) et
pour 2002 sur une perte de 0,65 EUR par action (contre un bénéfice
précédemment). Action correctement évaluée. Conserver.
La crise des télécoms a fait chuter Alcatel, mais c'est un des meilleurs
investissements du secteur. Conserver.