Deutsche Bank (DB; 72,50 EUR), 1re banque privée
allemande, a annoncé pour 2001 un bénéfice de 0,27 EUR par action, en
baisse de 98,8 % par rapport à 2000 (chiffres conformes aux normes
américaines GAAP et à la nouvelle législation fiscale allemande). Avant impôt,
la baisse du bénéfice est un peu plus tempérée (- 73,8 %). Du fait de
la très mauvaise performance des marchés financiers, les activités de trading
ont diminué de 21 %, les commissions de 8 % et les plus-values de
cessions sur titres de 59 %. De plus, les provisions pour pertes sur
emprunts ont plus que doublé (e.a. à cause de la faillite du courtier en énergie
américain Enron) et les coûts de restructuration se sont alourdis. Il faut
cependant noter que les frais de gestion ont diminué de 1,2 %. Par
ailleurs, DB réorganise sa direction sur un modèle plus anglo-saxon (un seul
directeur et non plus un directoire collégial) et confiera tous les pouvoirs de
direction à un banquier d'affaires suisse, J. Ackermann. Elle espère ainsi
accroître sa réactivité et s'engage résolument sur la voie d'une banque
d'affaires mondiale, en mettant un peu plus l'accent sur le "private banking" et
la gestion d'actifs (sicav,…) que sur la banque d'investissement en raison de
leur rentabilité plus importante. Son but est de pouvoir concurrencer les
grandes banques d'affaires américaines du secteur (Merrill Lynch, Goldman
Sachs). La mise en place d'une nouvelle direction est une avancée
significative vers l'objectif de grande banque d'affaires mondiale et éclaircit
la stratégie du groupe. Mais les programmes de suppressions d'emplois pourraient
se heurter à la législation allemande. Selon nous, il est trop tôt pour acheter
cette action correctement évaluée. Conserver.
Le cours de DB souffre encore, mais pourrait bénéficier du remaniement de la
direction. Conserver.