Le groupe pharmaceutique britannique AstraZeneca
(3 118 pence) a réalisé au 1er trimestre un bénéfice courant de
38,5 pence, en hausse de 25 %. Ce résultat meilleur que prévu provient
du Losec, médicament vedette du groupe (contre l'ulcère, 34 % du chiffre
d'affaires en 2001, dont 2/3 aux USA), dont AstraZeneca, par le biais d'un
recours devant les tribunaux, est parvenu à reporter l'échéance du brevet aux
USA d'octobre 2001 au 2e trimestre 2002. La succession du Losec est assurée par
le Nexium, mais il n'est pas encore certain qu'il pourra concurrencer les
génériques moins onéreux. Outre le Losec, un autre blockbuster du groupe, le
Zestril (contre l'hypertension), va perdre son brevet. Pour compenser la chute
attendue des ventes, AstraZeneca compte sur le Crestor (anti-cholestérol), mais
une éventuelle approbation par la Food & Drug Administration n'est pas
attendue avant fin juin au plus tôt et comme ce médicament est de la même
famille que le Baycol de Bayer qui a été retiré de la vente en août 2001, il est
probable que les autorités se montreront très prudentes. De plus, le Crestor
devra affronter la concurrence de produits existants (ex. Lipitor de Pfizer),
dont on connaît mieux le degré de risque. Certes, AstraZeneca a encore 6
blockbusters potentiels en portefeuille (dont 2 doivent encore être lancés),
mais il n'est pas certain que ses marges ne souffriront pas exagérément des
frais de marketing destinés à en stimuler les ventes. Nous tablons sur un
bénéfice par action de 113 p. pour 2002 et de 120 p. pour 2003. Action
chère. N'achetez pas.
Les incertitudes, liées notamment à l'anti-cholestérol Crestor, continueront
à peser sur le cours. Ne pas acheter.