Deutsche bank (DB; 75,70 EUR), 1ère
banque allemande, a augmenté son bénéfice net de 59 % au 1er
trimestre, à 0,97 EUR par action. Cette hausse est due exclusivement à
l'importante plus-value réalisée sur la réduction de ses participations dans
Munich Re et Allianz, qui a masqué la chute de 18,4 % du bénéfice opérationnel
. Une chute d'autant plus
décevante qu'elle provient principalement des pôles gestion d'actifs/fortune et
banque d'investissement, alors que la stratégie de DB vise à se renforcer dans
ces 2 pôles pour devenir une banque d'affaires mondialement puissante capable de
concurrencer les géants américains (Merrill Lynch, Goldman Sachs). En outre,
nous sommes sceptiques quant au bien-fondé de la décision de réintégrer la
banque de détail au sein du groupe (après avoir cherché à lui adjoindre un
partenaire) afin de s'en servir comme support pour augmenter les revenus dans la
gestion d'actifs et de fortune, car les deux types de clientèle sont très
différents. Par ailleurs, la législation allemande concernant les suppressions
d'emplois risque de compromettre les objectifs ambitieux de DB en matière de
réduction des coûts (1,30 EUR par action cette année et 3,25 EUR en
2003). De même, le groupe pourrait subir des pressions politiques au sujet de la
rationalisation de son portefeuille de crédits, car l'arrêt des crédits pourrait
accélérer la faillite de nombreuses PME allemandes. Des pressions politiques
ou obstacles législatifs et des décisions inappropriées risquent de mettre à
rude épreuve les capacités de réactivité de la nouvelle direction à
l'anglo-saxonne mise en place dans le cadre de la stratégie du groupe visant à
constituer une banque d'affaires mondiale. L'action est correctement évaluée,
mais nous n'achèterions pas pour le moment.
Les récentes décisions de la direction risquent de peser de nouveau sur le
cours. Ne pas acheter.