Le groupe fait preuve d'optimisme et
attend en 2003 une croissance du bénéfice par action de 8 à 11 % et une
croissance à 2 chiffres des profits des activités pharmaceutiques. Mais nous
sommes moins confiants. Alors qu'il disposait jusqu'ici de
5 médicaments phare, le groupe n'en aura plus que 3 l'an prochain. Les ventes
devraient stagner pour l'anticholestérol Zocor (n°1 du
groupe) qui va bientôt perdre certains brevets
en Europe, ainsi que pour l'antidouleur Vioxx (concurrence).
Dans les ventes de médicaments sous licence, la concurrence des génériques sur
l'anti-ulcéreux Prilosec (AstraZeneca) vient de commencer, plus tôt que prévu
par Merck. Face à ces problèmes (brevets et concurrence), le groupe cherche à se
recentrer sur son activité stratégique : la fabrication de médicaments.
Ainsi, il compte entamer l'été prochain la cession en Bourse de Medco, filiale
de distribution. Et pour l'après 2003, les perspectives sont incertaines. Les
molécules en développement ne devraient pas être lancées avant 2005.
Suffiront-elles à compenser la perte du brevet américain du Zocor en 2006 ?
Merck ne nous convainc pas. A court terme l'arrivée plus rapide des
génériques sur le Prilosec contredit son
optimisme. Nous réduisons dès lors nos prévisions de bénéfice par action en 2003
à 3,37 USD. A moyen terme, la faiblesse du pipeline (médicaments en
développement) nous fait douter des perspectives bénéficiaires. Bien que
l'action soit correctement évaluée, nous préférons vendre.