Ces dernières semaines ont paru dans la presse les convocations des assemblées générales de la plupart des sociétés cotées en Bourse. Il en est ainsi d'Electrabel et de Bekaert qui ont annoncé à l'ordre du jour "l'autorisation d'acquérir des actions de la société". Cela signifie-t-il que je dois vendre mes actions Electrabel et Bekaert ?
Non. Le fait que les sociétés demandent l'autorisation de racheter leurs actions est même plutôt positif. Aux Etats-Unis, le rachat d'actions propres est une habitude déjà bien ancrée. En Europe, par contre, la législation en la matière est assez récente. Mais aujourd'hui, cette possibilité qu'ont les dirigeants d'entreprises (limitée à 10 % du capital) revient souvent à l'agenda des assemblées générales. Plusieurs raisons peuvent expliquer cet engouement. Tout d'abord, le management peut estimer que le cours de l'action est trop faible et vouloir donner ainsi au public le signal que les actions sont bon marché. Bien souvent, en effet, la seule mention d'un rachat – à différencier de la demande d'autorisation figurant aujourd'hui à l'ordre du jour des assemblées générales – suffit à provoquer une petite hausse du cours. Autre possibilité, les dirigeants peuvent opter pour un rachat s'ils estiment qu'aucun investissement ne pourrait garantir une rentabilité attrayante à la société à l'heure actuelle. Plutôt que d'investir de l'argent dans des projets inutiles, ils décident donc de rembourser les actionnaires en liquide. Enfin, un tel rachat d'actions peut signifier que la société s'engage sur la voie des acquisitions, et entend donc récupérer un grand nombre d'actions pour financer ces reprises. Mais quelle que soit la raison, le rachat d'actions ne change rien à la société elle-même. La seule différence est que le bénéfice sera partagé entre un plus petit nombre d'actions, ce qui en augmentera le bénéfice unitaire. En résumé, l'autorisation demandée au conseil d'administration d'acquérir ses actions propres doit être vue comme un signal positif. Ce n'est pas une raison suffisante pour acheter des actions des sociétés qui optent pour cette solution, mais si vous en avez, vous pouvez les conserver.