Confirmant les rumeurs, le holding Ackermans & van Haaren (AvH; 27,74 EUR; 1 119 BEF) va exercer son droit de préemption et donc racheter les 18 % que détient Decloedt dans le dragueur DEME. La moitié de cette participation sera ensuite reprise par CFE (204 EUR; 8 229 BEF), de sorte que les deux groupes posséderont chacun 48,5 %, les 3 % restant étant toujours détenus par la GIMV. Selon nous, AvH n'a exercé son droit de préemption que pour éviter l'intrusion d'un concurrent dans le capital de DEME (le dragueur néerlandais Boskalis avait fait une offre sur les actions DEME de Decloedt), et le prix payé pour cette acquisition est très élevé. Même si tant AvH que CFE ont les moyens de financer cette opération, il ne faut pas s'attendre à un impact positif sur leurs résultats. Seule une introduction en Bourse de DEME pourrait à terme rendre l'opération financièrement intéressante. CFE y serait sans aucun doute favorable : sa participation dans DEME peut, sur la base de la transaction, être valorisée à 413 EUR par action. Même si les années qui viennent devraient être excellentes pour DEME grâce aux nombreux projets dans le Sud-Est asiatique, le rapprochement à nouveau possible entre les dragueurs néerlandais Boskalis et HBG jette une ombre sur l'avenir. En effet, DEME se retrouverait face à un concurrent 2 fois plus gros que lui en termes de part de marché, et comme le niveau de concentration est déjà très élevé dans le dragage, aurait de la peine à se trouver un partenaire, alors que dans ce secteur l'élément taille est capital (économies d'échelle). AvH est correctement évaluée et CFE bon marché, mais vu l'incertitude entourant DEME et concernant le cours auquel se ferait une éventuelle introduction en Bourse, nous n'achèterions aucune de ces deux actions. Conserver.