Le patron du français Lafarge (98,80 EUR), géant du ciment
et des matériaux de construction, a affirmé il y a quelques semaines que le
groupe n'est que peu affecté par la faiblesse actuelle de l'économie. Malgré la
récession aux USA, le secteur de la construction et des matériaux de
construction y résiste étonnamment bien. Lafarge y a profité des taux d'intérêt
historiquement bas (ce qui stimule la construction résidentielle) et des
investissements publics en travaux d'infrastructures. En Allemagne, le groupe a
anticipé le risque de récession en procédant à des restructurations qui
devraient porter leurs fruits quand le marché se stabilisera (probablement à
partir de 2003). Le patron du groupe prévoit que dans les années qui viennent la
productivité pourrait encore être améliorée. Entre-temps, Lafarge reste à
l'affût de possibilités d'expansion en Asie, où surtout la Chine, l'Inde et la
Corée offrent un beau potentiel. Une joint-venture a récemment été créée avec le
2e cimentier coréen, Tong Yang. Lafarge a mené jusqu'à présent une très bonne
politique d'expansion, aussi bien géographique qu'en matière de produits, et est
ainsi de moins en moins exposé à son marché domestique et aux cycles
conjoncturels. Nous maintenons nos estimations bénéficiaires inchangées à
6,75 EUR par action pour 2001 et 7,85 EUR pour 2002 (hors éléments
exceptionnels). L'action est correctement évaluée et peut rester en
portefeuille. Mais nous attendrions pour (r)acheter de voir comment la situation
va évoluer dans les prochains mois.
Lafarge (gras; base 100) a fait moins bien que le CAC 40 en 2000, mais a
récupéré ce retard en 2001.Conserver.