A l’heure où tout semble indiquer que la demande d’acier en
Europe (80 % de l’activité en 2002) ne connaîtra pas de reprise cette
année, la prudence est de plus en plus de mise chez le sidérurgiste Arcelor pour
les 12 prochains mois. Les doutes croissants quant à la demande d’un important
marché comme la Chine, qui soutient les prix, et la hausse prévue des
importations d’acier à bas prix en provenance des pays extra-communautaires nous
amènent du reste à reconsidérer nos hypothèses sur les prix de l’acier. Nous
prévoyons donc désormais un bénéfice par action de 1 EUR (contre 1,2) pour
2003 et de 1,05 EUR (1,25 auparavant) pour 2004. La direction a par contre
confirmé qu’elle recueillerait plus vite que prévu les fruits des synergies
tirées de la fusion entre Arbed, Usinor et Aceralia, soit
700 millions EUR pour fin 2006. Nous saluons aussi sa volonté
renouvelée de réduire drastiquement la dette et de privilégier une politique de
prix forts (rentabilité) à la production de volumes élevés. La production
d’acier plat au carbone sera d’ailleurs réduite d’environ 10 % ces
prochains mois pour l’adapter à la faible demande. La dégradation économique
pèse sur Arcelor et son cours. Nous restons toutefois positifs vis-à-vis de la
stratégie et l’action reste bon marché. Achetez.