Delhaize a surpris les investisseurs en publiant la semaine dernière des
résultats semestriels meilleurs que prévu. Bien que le chiffre d’affaires ait
accusé une baisse de 13,2 % d’une année à l’autre – en cause, la
vigueur de l’euro et la fermeture de 42 magasins aux Etats-Unis –, le
bénéfice courant semestriel (après amortissement du goodwill) n’en a pas moins
bondi de 34,7 %. D’importantes réductions de coûts aux Etats-Unis ont de
fait permis au distributeur d’améliorer sa marge bénéficiaire tandis qu’en
Belgique, c’est le succès de la nouvelle stratégie commerciale et l’extension du
réseau de vente qui expliquent la progression du chiffre d’affaires
(+ 8,4 %) et du bénéfice d’exploitation (+ 60,8 %). Delhaize
a par ailleurs poursuivi ses mesures de réduction des coûts en Grèce (par
l’intégration de Trofo dans Alfa-Beta) ainsi qu’en Europe de l’Est (fusion des
services de support tchèques et slovaques). Aux Etats-Unis, Food Lion a démarré
l’implémentation d’un système de gestion des stocks plus performant et plus
efficace. Une mesure accompagnée par la modification de la méthode de
valorisation des stocks et la comptabilisation d’une charge exceptionnelle et
unique de 0,56 EUR par action. Avec une évolution positive des ventes aux
Etats-Unis – contrairement à ses concurrents américains, Delhaize America a
enregistré, à magasins comparables, une légère progression de son chiffre
d’affaires au premier semestre –, l’enseigne au lion a revu à la hausse,
pour l’ensemble du groupe, ses prévisions bénéficiaires. Nous lui emboîtons le
pas. Nous estimons le bénéfice par action à 2,36 EUR pour 2003 (contre
2 EUR précédemment) et à 2,51 EUR pour 2004 (2,17 EUR
auparavant).Le festival de bonnes nouvelles a fait bondir l’action Delhaize
de 21,7 % d’une semaine à l’autre. L’action reste néanmoins correctement
évaluée et digne d’achat.