SECTEUR: financier
BOURSE:
Bruxelles
COURS: 13.27 EUR
RISQUE:
**
Comme annoncé en début d’année, le
bancassureur belgo-français va se recentrer sur ses activités de financement
public, de banque de détail et de gestion d’actifs/de fortune
pour les particuliers. Il
vient de publier d’excellents résultats pour le
1er trimestre : comparés au 1er trimestre 2003,
les revenus ont augmenté de 8,9 % et le bénéfice de presque 60 %, à
0,43 EUR par action. A la lumière de ces résultats, il semble que
l’objectif du groupe – une croissance annuelle du bénéfice de 10 % - soit
particulièrement prudent. Vous pouvez donc toujours acheter l’action
Dexia.
Banque publique …
Dexia est le leader mondial du financement public. Le
groupe est surtout spécialisé dans les petites et moyennes collectivités
(communes, intercommunales, CPAS, hôpitaux publics, …), un segment de marché
dans lequel il est quasiment souverain absolu, vu la nécessité d’une
implantation locale considérable, qui effraie les autres banques.
En Europe, Dexia est n°1, avec 20 % de parts de marché. Au
delà de la Belgique et de la France (chacun 25 % de l’encours), le groupe
est actif dans différents pays, soit en partenariat avec un acteur local, comme
Sabadell en Espagne ou Crediop en Italie, soit via des filiales
(par ex. Dexia Banka Slovensko en Solvaquie ou Dexia
Hypothekenbank à Berlin). Aux USA, le groupe possède bon nombre de filiales,
avec notamment Financial Securities Assurance (FSA), reprise en 2000 et
n°1 dans la garantie financière des obligations municipales.
La capacité du groupe en matière de financement public est
généralement reconnue et son offre de produits et services innovants est large
(elle va du simple prêt à la gestion intégrale de la dette des collectivités).
Ceci couplé à la fiabilité des émetteurs et la durée relativement longue des
prêts font que les revenus de cette activité sont en croissance régulière. Au
niveau de l’expansion géographique, les marchés dynamiques d’Europe centrale et
de l’Est sont en ligne de mire. A plus long terme, le groupe vise aussi
l’Australie, la Chine et le Japon.
Banque privée …
Dans sa branche commerciale (banque de détail), Dexia met
la dernière main à l'intégration d'Artesia, reprise en 2001. Les
économies de coûts résultant de cette reprise et évaluées initialement à
0,05 EUR par action, semblent finalement atteindre 0,13 EUR. Fort
heureusement d'ailleurs, car les synergies de revenus sont jusqu'ici un échec.
De nouvelles rentrées seraient cependant bienvenues car Dexia vise un ratio
coûts/revenus inférieur à 54 % d’ici fin 2006 (il était de 54,4 % au
1er trimestre). Un objectif qui ne sera pas facile à atteindre, vu la
rude concurrence sur les grands marchés du groupe (Belgique, France, USA).
Entre-temps, Dexia souhaite étendre son réseau français, encore petit. L’idée
d’une fusion avec la Société Générale, dont il a été un moment question, est
toutefois abandonnée. Le nom de La Poste (française) a aussi été évoqué.
Celle-ci serait effectivement intéressée par une alliance avec un groupe
bancaire. Pour Dexia, les nombreux bureaux de poste seraient un moyen rêvé
d’atteindre le grand public.
Dans la gestion d’actifs/de fortune, la restructuration
de Dexiam (filiale issue de la fusion de Dexia Asset Management et
Cordius AM, ex-filiale d’Artesia) est quasiment achevée.
Dexiam souhaite doubler rapidement le montant des capitaux gérés et
compte sur une croissance annuelle de 3 à 7 milliards d’euros (par la hausse des
montants par client et par le recrutement de nouveaux clients). Dexiam
cherche aussi des acquisitions ciblées, pour renforcer sa position sur ses
marchés domestiques (Belgique, Luxembourg, France) et raffermir son réseau
géographique, en assurant sa croissance aux Pays-Bas, en Espagne, Italie,
Autriche et Scandinavie (région de l’Europe offrant le meilleur potentiel de
croissance). Enfin, Dexiam est à la recherche d’un partenaire, de taille
similaire à la sienne, de préférence aux USA.
Mais plus banque
d’affaires !
En 2001, Dexia a acquis la banque d'affaires et de gestion
d’actifs néerlandaise Kempen et a procédé à sa fusion avec la Banque
Labouchère, active dans le même secteur, en 2000. Cet investissement ne nous a
jamais convaincu, vu la taille trop limitée de l’entité dans son secteur et vu
le manque d’expérience du groupe dans cette activité. De plus, l’affaire Legio
Lease est venue mettre des bâtons dans les roues : la Banque Labouchère
avait accordé des prêts à des clients, pour leur permettre d’investir en
actions, et un certains nombre de ces clients ont porté plainte par la suite,
pour manque d'informations quant au risque de l’opération. L’affaire semble
désormais résolue (indemnités amiables) et plus aucun impact n’est à craindre
sur les résultats de Dexia. Néanmoins, dans le cadre de sa nouvelle stratégie,
Dexia a décidé de mettre fin à son aventure dans la banque d’affaires et
de vendre Kempen.
Notre avis
Si les résultats du 4ème trimestre 2003 avaient
été décevants, ceux du 1ertrimestre 2004, en revanche, surprennent
agréablement. Nous revoyons dès lors nos prévisions de bénéfice résolument à la
hausse et misons pour 2004 sur 1,65 EUR par action (contre 1,5 auparavant)
et pour 2005 sur 1,80 EUR (contre 1,69).
Nous croyons en Dexia et sommes persuadés
qu’il atteindra et même dépassera sans peine son objectif de croissance
bénéficiaire de 10 % par an. Le groupe a de plus l’intention de partager
ses profits avec ses actionnaires, par de généreux dividendes et le rachat
d’actions propres. L’action est bon marché et peu risquée. Acheter.
DEXIA / SECTEUR BANCAIRE
EUROPEEN

Vu les prestations
attendues, le cours de Dexia (gras/base 100) devrait rattraper la moyenne de son
secteur, voire la dépasser.