Le banquier belgo-français Dexia et
le troisième groupe bancaire italien SanPaolo IMI ont annoncé être en
pourparlers. Si aucune précision sur la portée des discussions n’a filtré, une
fusion semble toutefois envisageable. En dépit des complémentarités au niveau de
la présence géographique (Belgique et France pour Dexia ; Italie pour SanPaolo
IMI) et des activités (financement public pour Dexia ; banque de détail et
gestion d’actifs pour SanPaolo IMI), le peu de synergies que dégagerait une
fusion nous rend cependant sceptiques quant au bien-fondé d’une telle opération.
SanPaolo poursuit en effet une stratégie de banque universelle, au contraire de
Dexia, et ne semble pas s’intéresser outre-mesure au financement public
puisqu’il avait vendu une grande partie de l’activité en 1997, précisément à
Dexia. De même, nous pensons qu’un investissement dans un réseau de détail en
France serait plus opportun pour Dexia. Enfin, une fusion se heurterait aux deux
grands actionnaires belges de Dexia – Arcofin et Ethias– qui préfèrent le
maintien d’un contrôle belge, et à la Banque d’Italie qui s’est jusqu’ici
montrée opposée au rapprochement d’une de ses banques avec un étranger.
Néanmoins, Dexia pourrait aussi négocier des rachats d’activités : Banca
OPI (filiale de financement public de SanPaolo IMI) qu’il pourrait fusionner
avec sa propre filiale italienne Crediop, et/ou Fideuram, source de bien des
soucis pour SanPaolo IMI ces derniers mois. Ces deux rachats entreraient alors
dans ses stratégies d’expansion du financement public et de la gestion d’actifs
à l’étranger.
Par ailleurs, suite aux bons résultats trimestriels, nous
maintenons nos estimations de bénéfice par action pour Dexia à 1,62 EUR en
2004 et 1,88 en 2005.