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Le secteur technologique (24 nov 2004)
Non, l'éclatement de la bulle
technologique au tournant du millésime n'a pas porté l'estocade au
secteur mais les pics atteints par les actions au cours des années dorées
ne sont plus qu’un vague souvenir. Cela signifie-t-il pour autant que le secteur
n’a plus rien à offrir ? Non plus, mais la plus grande prudence
s’impose.
Rappelez-vous… Qui n’a pas misé
voici 5 ou 6 ans sur une action Internet, un opérateur télécoms ou un fabricant
de GSM ? Le secteur de la haute technologie avait alors le vent en poupe et
battait chaque jour de nouveaux records en bourse. La demande d’actions du
secteur qui constituait à l’époque le principal moteur de la croissance
économique aux Etats-Unis semblait inépuisable. Jusqu’au jour de la désillusion
quand les entreprises qui avaient investi massivement dans les produits et
services high-tech à l’aube de l’an 2000 décidèrent subitement d’actionner la
pédale de frein. Les conséquences sont désormais connues : surcapacité,
ralentissement de la demande, pression sur les prix et bénéfices en baisse. Pour
corser le tout, vinrent ensuite les scandales comptables, le 11 septembre 2001
et les retards dans le cadre d’un certain nombre d’avancées technologiques comme
le lancement de l’UMTS, la téléphonie mobile de troisième génération. C’en était
trop pour le peu de confiance que les investisseurs avaient encore dans le
secteur high-tech.
Retour à la réalité Même s’il
subsiste une certaine surcapacité ça et là, le plus dur semble aujourd’hui
passé. Mais attention, mieux vaut éviter de s’emballer. L’évolution du
secteur technologique dépendra essentiellement de deux éléments : – La
conjoncture. Le secteur a beau avoir été le moteur de la croissance
économique dans une vie antérieure, c’est désormais l’évolution de la
conjoncture (ou des perspectives) qui fait que les entreprises décident ou non
d’investir dans la haute technologie et ce, même si la technologie représente en
général un gain de productivité. – Les innovations. Pour stimuler
leur activité, les sociétés technologiques doivent régulièrement lancer de
véritables innovations. A défaut, elles courent le risque que les entreprises
et/ou les consommateurs rechignent à payer le prix plein ou pire, hésitent à
remplacer leur matériel. On constate ainsi que les contrats pour la mise à jour
des logiciels ont ces derniers temps connu un fléchissement sensible, tant en
termes d’ampleur que de durée. La meilleure preuve que les temps de
croissance illimitée sont bien révolus nous vient toutefois des sociétés
elles-mêmes. Des géants comme Microsoft et Intel sont assis sur un trésor de
guerre plus impressionnant que jamais et que font-ils ? Au lieu d’investir
dans l’expansion par exemple, ils décident de verser une part plus importante de
leurs bénéfices à leurs actionnaires.
Le potentiel subsiste, mais… Rien
ne sert toutefois de verser dans l’excès inverse du pessimisme. Le secteur n’est
pas en phase terminale, loin de là. La numérisation de la société se poursuit
inlassablement. L’espagnol Terra a certes vendu cette année son site portail
américain Lycos pour une petite fraction du prix qu’il avait déboursé pour son
acquisition en 2000 mais Google, introduit récemment en bourse, est actuellement
coté à plus de 60 fois les bénéfices attendus pour 2004. Quoi qu’il en soit,
investir dans la technologie permet aux sociétés d’accroître leur productivité
(par ex. par la sous-traitance des tâches informatiques) et de réagir plus
rapidement aux demandes de leurs clients, par exemple au travers de
l’e-commerce. Nous ne voyons du reste par pourquoi l’engouement des particuliers
pour les innovations technologiques comme l’Internet rapide, la téléphonie
mobile aux applications multimédias, la musique numérique (Ipod d’Apple), les
écrans plats, etc. disparaîtrait du jour au lendemain Le défi consiste
aujourd’hui à convertir ces activités en bénéfices alors que la surcapacité n’a
toujours pas été digérée partout, que la concurrence fait rage et que la
pression sur les prix et les marges bénéficiaires reste très forte. Nous
devrions ainsi assister cette année à une hausse des ventes de 10 % pour
les PC par rapport à 2003 mais ceci ne conduira qu’à une hausse minime des
bénéfices en raison de la diminution constante des prix de vente. Au niveau de
l’électronique grand public, la situation est encore plus difficile avec une
concurrence toujours plus féroce de l’Asie (Chine, Corée du Sud,…) et de
sociétés comme Apple, Microsoft, Dell, HP…, actives uniquement jusqu'alors dans
l’informatique et qui tentent aujourd’hui l’aventure dans ce segment.
Un urgent besoin d’innovations La
précédente période dorée pour le secteur high-tech a été soutenue par quelques
innovations de premier plan, Internet et téléphonie mobile en tête. Selon nous,
les producteurs de puces (semi-conducteurs) comme Intel ou Texas Instruments
font partie du petit groupe select qui devrait prendre la prochaine vague
d’innovations à son compte. Leur envergure et leur savoir-faire technologique
les rendent plus forts pour affronter la concurrence et ils disposent de budgets
impressionnants de Recherche et Développement (R&D).
Pour conclure Bien que nous ne
puissions exclure un nouvel emballement de la bourse avec l’émergence d’un
nouveau hype technologique, nous n’y mettrions pas notre main à couper. Aucune
innovation importante susceptible d’induire une période de forte croissance ne
doit selon nous être attendue à court terme. Au contraire, la forte hausse des
stocks de semi-conducteurs au 1er semestre de cette année incite plutôt à
penser que le secteur high-tech dans son ensemble devrait être plus calme en
2005. Mais ce refroidissement restera selon nous limité compte tenu de la faible
part de surcapacité qui doit encore être résorbée. Par ailleurs, nous estimons
que les pays émergents devraient soutenir la demande. A plus long terme,
nous ne voyons pas le secteur high-tech progresser plus vite que l’économie en
général. Au niveau mondial, la concurrence devrait en effet continuer à
s’intensifier, notamment dans le chef de ces mêmes pays émergents.
L’électronique grand public, les logiciels et les services informatiques sont
dans ce contexte particulièrement sensibles. Ce dernier segment nécessite par
exemple peu d’investissements en capital, ce qui permet à l’Inde de se
positionner comme un acteur de niveau mondial. Enfin, le secteur technologique
nous semble plutôt cher. Nous avons sélectionné pour les plus téméraires, qui
sont prêts et en mesure de supporter le risque supérieur à la moyenne du
secteur, quatre actions qui méritent à nos yeux un petit pari.
INTEL (24,16 USD au moment
de l'analyse) Le premier producteur de semi-conducteurs au
monde semble le mieux armé pour affronter la concurrence des nouveaux acteurs
sur le marché. Le groupe possède en effet un savoir-faire pratiquement
inégalable. Le principal marché d’Intel arrive progressivement à maturité et
l’action a souffert cette année en raison d’erreurs dans le processus de
production et d’un marché ayant anticipé sur le ralentissement attendu. Par le
passé toutefois, le management a déjà apporté la preuve de son aptitude à gérer
des périodes difficiles. Nous avons donc confiance en l’action, d’autant
qu’Intel a récemment décidé de verser une plus grande partie de ses bénéfices à
ses actionnaires. Le dividende trimestriel en 2005 sera ainsi doublé. Enfin, le
cours actuel tient selon nous suffisamment compte du ralentissement attendu.
Action correctement évaluée. Achetez.
TEXAS INSTRUMENTS (24,75 USD au moment
de l'analyse) Avec un budget R&D à en faire pâlir d’envie les
autres groupes, Texas Instruments (TI) reste le leader incontesté sur des
segments de marché à fort potentiel de croissance comme les semi-conducteurs du
type DSP (Digital Signal Processing) et DLP (Digital Light Processing). Ces
derniers sont appliqués à grande échelle dans l’électronique grand public (par
ex. pour les écrans plats) et la mobilophonie. A court terme, le ralentissement
attendu du marché nous semble déjà intégré dans le cours. Vous pouvez
acheter cette action correctement évaluée.
THOMSON (17,78 EUR au
moment de l'analyse) Au vu de l’âpre concurrence qui règne
actuellement dans l’électronique grand public, le groupe français entend
désormais se concentrer essentiellement sur une activité offrant davantage de
perspectives d’avenir, en l’occurrence l’offre de services et équipements aux
sociétés actives dans l’industrie des médias. Une stratégie qui commence à
porter ses fruits. La situation financière est saine et l’action
correctement évaluée. Achetez.
BARCO (67,50 EUR au moment de
l'analyse) Ce groupe flamand actif dans le monde entier a
traversé une période difficile et s’est totalement tourné vers différentes
niches au niveau du traitement de l’image pour applications professionnelles
(secteur médical, défense, aviation, média & divertissements, cinéma
numérique, simulateurs, salles de contrôle, systèmes d’inspection pour machines
textiles,…). Autant de domaines très spécialisés dans lesquels le groupe est
chaque fois n°1 ou 2 mondial. Grâce à d’importants investissements en R&D,
Barco garde une longueur d’avance sur ses concurrents en proposant des produits
et solutions novateurs de première qualité et ses marges bénéficiaires sont très
confortables, contrairement à la situation sur le marché grand public. Les
finances sont résolument saines et Barco reste à l’affût d’acquisitions
complémentaires. L’action est correctement évaluée. Vous pouvez
acheter.


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