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Les bourses en 2004 (03 janv 2005)

Cours en date du 31/12/2004

Timide progession

Après les jolies hausses de cours de 2003, les Bourses n’ont que légèrement progressé en 2004. Aux Etats-Unis, l’indice S&P500 a gagné 1,2 % et le Nasdaq a progressé de 0,8 %. En Europe, le DJ Stoxx 50 a dû se contenter d’un gain de 4,3 %. Les petites Bourses ont en général été les plus performantes et celle de Bruxelles, avec un gain de 30,7 %, a été la championne toutes catégories. Une performance qu’elle doit surtout à l’excellente tenue des actions des secteurs des finances et de la distribution ainsi qu’au retour des spéculations autour d’Electrabel (+ 31,6 %).  
 
Au fil de l’année, les nouvelles économiques en Europe se sont faites plus sombres. Lorsque le prix du pétrole a atteint plus de 50 dollars le baril, la confiance des consommateurs, déjà confrontés à un chômage élevé, a pris un sérieux coup. Aux Etats-Unis, l’économie dépend en grande partie de la consommation des ménages. Et les hausses de salaires ne suffisent plus à la soutenir. Après la baisse d’impôts en 2003 et la période de nombreuses baisses des taux, la marge était d’ailleurs réduite pour encore accentuer la consommation. Durant les derniers mois de l’année, les Bourses ont néanmoins retrouvé des couleurs suite à la baisse des prix du pétrole et à la réélection de George Bush.  
 
Inquiétudes autour de l’euro
Outre le cours élevé du pétrole, le niveau de l’euro a aussi fait frissonner de temps à autre les Bourses en 2004. Si un euro fort a pour effet de diminuer le prix des produits importés et que de nombreuses sociétés se couvrent contre les effets de la progression de l’euro à l’aide d’instruments financiers, il constitue néanmoins aussi un frein aux exportations. BMW (- 10,3 %), Schneider (- 1,4 %) et Siemens (- 2,3 %) ont ainsi découvert à leurs dépens qu’il leur était plus difficile d’écouler leurs produits à l’étranger. D’autres sociétés ont moins souffert. Delhaize (+ 37,2 %) par exemple, parce que les coûts de sa filiale américaine sont aussi exprimés en dollar. L’impact d’un euro fort est donc plus limité.  
 
Le retour des introductions en Bourse
Le retour des introductions en 2004 confirme le retour de la sérénité sur les marchés boursiers. Les principaux nouveaux venus en Bourse sont Google et DreamWorks aux Etats-Unis et Belgacom et Postbank plus près de chez nous.  
 
Le peloton de tête…
· Au niveau des valeurs financières, les banques ont en général enregistré de bons résultats, poursuivant la reprise entamée en 2003. BNP Paribas et ING ont gagné respectivement 6,8 % et 20,4 % tandis que Fortis et KBC ont progressé de 27,7 % et 52,6 %. Santander (- 2,8 %) a acquis le britannique Abbey mais la tentative de Dexia (+ 23,9 %) de fusionner avec l’italien Sanpaolo-IMI s’est heurtée au scepticisme des actionnaires de référence belges et des marchés. Nordea (+ 24,7 %) et Allied Irish Banks (+ 20,1 %), qui ont intégré notre sélection cette année, ont enregistré une performance étincelante. Crédit Suisse, qui est toujours en pleine restructuration, a gagné seulement 6,9 %.
· Les opérateurs télécoms, dont les cours sont revenus à un niveau plus abordable – après la forte baisse à la fin du siècle dernier – ont tiré profit des solides performances de la téléphonie mobile et de l’Internet à large bande. Dans l’ensemble, ils suivent désormais une stratégie bien plus prudente qu’auparavant. Deutsche Telekom et Telefonica ont gagné respectivement 14,4 % et 19,1 %. Belgacom, le nouveau venu en Bourse de Bruxelles, s’est magnifiquement comporté (+ 29,8 %). Telecom Italia, qui a entre-temps repris sa filiale de téléphonie mobile TIM, a aussi bénéficié d'une hausse impressionnante de son cours (+ 28,1 %). Les bons résultats de Mobistar et l'anticipation d'une possible reprise par sa maison mère France Télécom ont permis au cours de progresser de 54,9 %.
· La hausse des prix du pétrole a fait des valeurs pétrolières les grandes bénéficiaires de cette année 2004. Les hausses de cours de BP (+ 11,6 %), Eni (+ 23,1 %) et Total (+ 9,0 %) parlent d’elles-mêmes. Repsol (+ 23,9 %) a bien progressé aussi malgré une forte présence en Amérique latine. Royal Dutch (+ 1,3 %) a par contre souffert de la surestimation de ses réserves.  
 
… et la voiture-balai
· Après la progression de 2003, les semi-conducteurs ont de nouveau cédé du terrain. Ceci n’a rien d’étonnant au vu du niveau très élevé des cours atteints fin 2003. Les stocks abondants comme les doutes sur la durabilité de la demande en 2005 ont également pesé sur les cours. Nous avons profité des baisses de cours d’Intel (- 32,3 %) et Texas Instruments (- 22,2 %) pour acheter ces actions. En Europe, Philips a perdu 15,7 %.
· Les cours des valeurs pharmaceutiques ont reculé pour la quatrième année d’affilée. La confiance des investisseurs, déjà minée par l’âpre concurrence des génériques, a pris un nouveau coup avec les doutes sur l’innocuité d’un certain nombre de médicaments. Merck (- 35,4 %) a ainsi dû reconnaître que le Vioxx augmentait les risques de maladies cardiaques. D'autres médicaments de Pfizer (- 29,4 %) et AstraZeneca (- 29,9 %) suscitent aussi des questions. Eli Lilly (- 25,1 %) ne connaît pas de tels problèmes mais a malgré tout été emporté par ce flot de mauvaises nouvelles.
· Les constructeurs automobiles ont pris diverses directions. Les constructeurs qui exportent aux Etats-Unis ont souffert de la hausse de l’euro par rapport au dollar. Ce fut le cas pour BMW (cf. supra), mais aussi pour Volkswagen qui a cédé 15,2 %, également en raison de l’accueil frileux réservé à la nouvelle Golf. Peugeot-Citroën (+ 15,6 %) et Renault (+ 12,5 %), qui ne sont pas présents aux Etats-Unis, s’en sont mieux sortis. Pour le reste, les investisseurs sont toujours dubitatifs quant aux chances de Fiat (- 3,0 %) de retrouver la bonne piste.  
 
N.B.: tous les rendements sont exprimés après conversion en euro.
 


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