On attendait un investissement en Europe de
l’Est ou en Asie mais c’est au Canada qu’Arcelor pose ses valises : il
lance une offre hostile sur Dofasco, premier sidérurgiste local. L’opération est
de taille moyenne (le chiffre d’affaires de Dofasco équivaut à 10 % de
celui d’Arcelor), elle permettra au franco-luxembourgeois d’enfin mieux
approvisionner les constructeurs autos américains (premier débouché de Dofasco) et
de mettre la main sur une petite mine de minerai de fer brésilienne. Dofasco est
par ailleurs rentable et financièrement sain. Revers de la médaille, le prix
offert est un peu élevé (et pourrait même être relevé si jugé insuffisant par
Dofasco), car le marché nord-américain des voitures est actuellement peu
dynamique et les possibilités de synergies sont limitées. Si l’opération
aboutit, elle sera financée en partie par dette et en partie par les copieuses
liquidités d’Arcelor. Elle ne déforcera pas pour autant la structure financière
du groupe, qui conservera une marge de manœuvre pour envisager d’autres
investissements (en Chine ?). L’opération nous amène à relever nos
prévisions de bénéfice 2006 à 2,6 EUR par action
(+4 %).