Axa (16 janv 2006)
Restructuré, l’assureur français se
lance dans un plan stratégique dont les objectifs nous paraissent crédibles et
qui n’altère pas son profil de risque. Nous sommes donc confiants. Titre bon
marché. ACHETEZ.
Cours au moment
de l'analyse : 27,10 EUR
Premier assureur européen et deuxième mondial, Axa
s’applique depuis 2002 à mener à bien son redressement. Après ses coûts, son
endettement et la réorganisation de sa structure, c'est au tour des revenus
d'occuper le devant de la scène. Avec son nouveau plan stratégique «Ambition
2012», Axa a pour objectif de doubler ses revenus d’ici 2012 (par rapport à
2004) et de tripler ses profits
opérationnels. Il vise la première place mondiale en assurance-vie et
une place parmi les leaders mondiaux en gestion
d’actifs.
Restructuration : une réussite En
quatre ans, Axa est devenu plus dynamique et plus rentable. Il a réduit ses
coûts de 0,73 EUR par action par an (dépassant ainsi de 30 %
l'objectif initial, pourtant très ambitieux). Il s'est recentré sur
l’assurance-vie et la gestion d'actifs, ses activités les plus
rentables et offrant un potentiel de croissance plus élevé que
l’assurance-dommages. En assurance-dommages, grâce à une plus
grande sélectivité des contrats et à des hausses de tarifs, le rapport entre,
d’une part les dépenses pour les sinistres et les coûts, et d’autre part les
primes encaissées, est passé de 105,4 % en 2002 à 97,5 % fin juin
2005. Quant à la dette, elle est passée de 46 % des fonds propres en 2002, à 38 %
actuellement, grâce notamment à la cession de filiales trop endettées.
Revenus : croissance amorcée Depuis 2004,
l'amélioration des marchés boursiers, auxquels beaucoup de produits d'assurance
et de gestion d'actifs sont liés, soutient la croissance des revenus. Axa a en
outre misé sur l'innovation et a poursuivi son développement mondial en
gestion d'actifs et en assurance-vie (p.ex.: rachat de l'américain
Mony en 2004). Ces mesures restaient toutefois insuffisantes pour bénéficier
pleinement du potentiel du marché des assurances. Le nouveau plan «Ambition
2012» vient aujourd’hui pallier leurs déficiences.
Croissance interne et externe En
assurance-vie, en Europe, Axa mise essentiellement sur la croissance interne. Déjà leader
européen, il compte encore se développer en Espagne et en Italie, où les taux de
croissance atteignent 40 % par an, ainsi que dans le reste de la région
méditerranéenne, où la population est encore peu assurée. En outre, le marché
des fonds de pensions privés lui ouvre de belles perspectives : en France,
il est le seul à avoir créé un pôle spécifique «Epargne Retraite Entreprise»,
regroupant toutes ses activités liées à la retraite des salariés, pour mieux
répondre aux besoins. En assurance-vie toujours, mais aux USA et en
Asie, Axa privilégiera plutôt la croissance externe. Vu la taille moyenne des
cibles visées, intégration et gestion financière ne devraient pas poser de
problème. Aux USA, il compte concurrencer son rival AIG par de nouvelles
acquisitions. En Asie, déjà bien placé, il compte multiplier les partenariats
avec des assureurs-vie locaux (en Inde, en Chine) et tentera de ravir la place
de n°1 étranger au britannique Prudential, très offensif dans cette zone. En
gestion d'actifs, Axa mise sur sa filiale AIM (Axa Investment Managers)
qui a récemment racheté le gestionnaire britannique Framlington. Aux USA, AIM
veut concurrencer les grands gestionnaires et compte procéder à des
acquisitions; en Asie, la filiale cherchera à conclure des partenariats avec des
acteurs locaux.
Meilleure gestion financière Pour faire face
au risque de devoir indemniser, les compagnies d’assurances doivent mobiliser
d’importants moyens financiers (réserves). Chez Axa, ces réserves pèsent
actuellement pour 80 % du total des actifs. Par son recentrage sur
l’assurance-vie et la gestion d'actifs, par la diversification
géographique de ses activités et de ses réseaux de distribution et par une
meilleure sélectivité des contrats, Axa cherche à réduire ce montant. Son
objectif est de les faire baisser de 46 % (entre 2004 et 2012). Si ce
projet aboutit, et vu l’efficacité de son modèle de gestion, Axa devrait voir
augmenter ses profits tout en restituant encore une partie des fonds
excédentaires à l'actionnaire (p.ex. : rachats d'actions). En outre, Axa
à l’ambition de conserver jusqu'en 2012 un taux d'endettement compris entre
35 % et 45 % de ses fonds propres.
Nous y croyons Le plan est ambitieux mais Axa a
les moyens de l'exécuter. Le groupe a prouvé par le passé qu'il était capable de
faire mieux que ses promesses, il a l’expérience des intégrations rapides, il
cible des marchés offrant un fort potentiel de croissance et il se concentre sur
les métiers de l'assurance-vie et de la gestion d'actifs, très
dynamiques. Nous tablons sur un bénéfice par action de 2,04 EUR en
2005, de 2,36 EUR en 2006 et de 2,55 EUR en 2007 et gageons qu’Axa
continuera de se montrer généreux avec ses actionnaires, en distribuant 40 à
50 % de son profit annuel (le solde étant réinvesti dans sa
croissance). Nous comptons sur un rendement du dividende de 3,3 % brut au titre de l'exercice
2005.


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