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LogicaCMG (30 janv 2006)
Avec l’acquisition de son
concurrent français Unilog, LogicaCMG prend une nouvelle dimension en Europe. Le
groupe devrait selon nous profiter du retour de la croissance des
investissements des entreprises en technologies de l’information (IT). L’action
est bon marché. ACHETEZ.
Cours au moment de
l'analyse : 187 pence
LogicaCMG est un groupe de services informatiques né de
la fusion fin 2002 entre le groupe néerlandais CMG et le britannique Logica. Le
groupe est présent tout au long de la chaîne de valeur des services
informatiques : conseil, intégration de systèmes et sous-traitance. Présent
un peu partout en Europe, le groupe est particulièrement actif au Royaume Uni
(47 % des ventes de services IT), aux Pays-Bas (26 %) et bientôt en
France suite à la récente acquisition de son concurrent Unilog. LogicaCMG a par
ailleurs développé une activité sur le marché des réseaux sans fil
(14 % du chiffre d’affaires en 2004) et propose des logiciels de
communication permettant l’envoi/réception de messages électroniques via des
appareils portables.
Un marché plus
porteur 2001-2003 ont été des années difficiles. Lorsque la demande
est faible, les entreprises sont en effet contraintes de réduire leurs dépenses
et les budgets consacrés aux technologies de l’information sont souvent les
premiers à en faire les frais. Durant ces trois années noires, rares ont été les
sociétés du secteur à enregistrer des bénéfices compte tenu de leur modèle
économique reposant principalement sur des frais fixes (main-d’oeuvre).
LogicaCMG n’a pas dérogé à la règle. Mais si 2004 est restée mitigée, 2005
montre des signes concrets de reprise, amorçant selon nous un nouveau cycle de
croissance pour le secteur. Tout d’abord, les taux d’utilisation des effectifs
ont atteint, voire même dépassé les 80 %, les prix de vente moyens des
services ont recommencé à progresser et enfin, le taux de rotation des effectifs
est reparti à la hausse. Ces différents signes de reprise laissent augurer de
bonnes années pour le secteur des services informatiques, qui devrait selon nous
progresser à un rythme plus soutenu que celui de l’économie.
Une nouvelle
dimension Jusqu’ici principalement actif au Royaume Uni et aux Pays
Bas, LogicaCMG manquait cruellement de taille critique dans les autres
principaux pays d’Europe, surtout en France et en Allemagne. Ce point faible est
aujourd’hui en partie résolu puisque LogicaCMG vient de s’offrir son concurrent
français Unilog. Celui-ci va lui apporter une forte présence en France,
transformant ce marché, déficitaire jusqu’ici, en un véritable moteur de profits
: en 2006, les activités françaises devraient représenter 28 % du résultat opérationnel. L’acquisition
d’Unilog va par ailleurs renforcer la présence du groupe en Allemagne et lui
permettre d’y redresser sa rentabilité. Au total, la combinaison de LogicaCMG et
d’Unilog devrait permettre au nouveau groupe de réaliser des économies de coûts
annuelles estimées à 1,65 pence par action d’ici 2007. Mieux positionnée sur les
principaux marchés d’Europe, LogicaCMG nous semble désormais plus compétitive
pour répondre aux appels d’offres des entreprises de plus en plus globales et
donc soucieuses de trouver des prestataires de services capables d’agir à
l’échelon européen, voire mondial.
Mais des risques
subsistent Si la diversification internationale de l’activité de
LogicaCMG a réduit son risque opérationnel, des facteurs de risque subsistent.
Tout d’abord, les sociétés de services informatiques européennes et américaines
doivent faire face depuis plusieurs années à la concurrence d’entreprises de
pays qui bénéficient d’un coût de main-d’œuvre nettement moindre (notamment
l’Inde). Même si leur développement est contenu par des barrières linguistiques
et géographiques, leur concurrence pèse sur la rentabilité du secteur, y compris
sur celle de LogicaCMG. Ensuite, malgré le développement de son activité à
l’international, LogicaCMG reste un acteur de taille moyenne (quelque 3,2
milliards EUR de ventes de services IT attendus pour 2006) comparé aux poids
lourds du secteur tels IBM Global Services (10 milliards d’euros en Europe). Une
taille moyenne qui pourrait constituer un désavantage compétitif pour répondre
aux appels d’offre des grandes sociétés, mais qui ne signifie pas que le groupe
pourrait faire l’objet d’une reprise, LogicaCMG étant vu comme un prédateur
plutôt qu’une proie. Par ailleurs, la stratégie de croissance externe de
LogicaCMG a laissé quelques traces dans son bilan, notamment en termes de
goodwill. Toute erreur dans les anticipations bénéficiaires concernant les
entreprises acquises pourrait mener à des ajustements de valeur qui pèseraient
inévitablement sur les comptes. Enfin, l’activité réseaux sans fil continue
d’enregistrer une croissance et une rentabilité inférieure à celle du groupe.
Une cession de cette activité serait la bienvenue, mais reste peu probable.
Conclusion LogicaCMG
nous semble bien placé pour profiter de la croissance attendue du marché des
services IT. L’action est bon marché et offre un rendement sur dividende
attrayant de 3,2 % brut. Pour 2005, nous prévoyons un bénéfice par action
de 7,81 pence, et de 8,31 et 11,06 pence pour 2006 et 2007 (après les
charges liées au rapprochement avec Unilog).


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