Unilever tente toujours d’offrir aux
investisseurs une croissance bénéficiaire durable et satisfaisante. En 2005, sur
une base comparable, le bénéfice par action a gagné 21 %, pour une hausse
du chiffre d’affaires de seulement 3,1 % (ou 2 % hors effets de
change). Néanmoins, l’analyse des chiffres révèle que l’embellie provient pour
une bonne part du recul des charges de restructuration par rapport à 2004. Sans
lui, la marge opérationnelle perd
0,8 %. Quant au chiffre d’affaires, il doit sa progression à la hausse des
dépenses publicitaires, qui ont fait grimper les volumes. Mais les prix restent
sous pression, ce qui illustre qu’Unilever ne convainc pas par la qualité
intrinsèque de ses produits. En Europe particulièrement (43% du chiffre
d’affaires), la situation reste préoccupante : en 2005, les ventes y ont
reculé de 0,8 % (sur base comparable).
Unilever ne jette toutefois pas
l’éponge : il développe ses produits à bas prix et continue de nettoyer son
offre (il cèdera la majorité de ses produits surgelés, non rentables).
Nous prévoyons pour 2006 un bénéfice
par action de 3,65 EUR (+7,5 %), mais pour le plus
long terme, nous ne voyons pas de relais de croissance durable à
l’horizon.