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Sous la loupe : AT&T (20 mars 2006)
Nouvelle action dans notre
sélection
AT&T a lancé début mars une offre amicale sur son compatriote
BellSouth. Si elle obtient l’aval des autorités de la concurrence, cette reprise
permettra à l’opérateur de se hisser au premier rang des compagnies télécom
américaines. L’action est risquée, mais bon marché. ACHETEZ.
Cours au moment de l'analyse : 27,00
USD
Renaître de ses cendres pour affronter
la concurrence Il y a plus de 20 ans, le monopole de télécom
américain AT&T fut l’objet d’un démantèlement, qui donna naissance à
plusieurs entités, baptisées Baby Bells, et à un «résidu» de AT&T. Il
y a quelques mois, une de ces Baby Bells, SBC Communications, fit l'acquisition de ce
résidu, rendant ainsi ses bases à l’ancien géant. Le «nouvel» AT&T était né.
Comment a pu germer une telle renaissance ? D’abord par la mutation de
l’environnement, marqué par le déclin inexorable de la téléphonie fixe
traditionnelle, bousculée par la téléphonie mobile, les messageries
électroniques et la téléphonie sur Internet. Ensuite, contrairement à ce qui se
passe en Europe, par la concurrence féroce que subissent les opérateurs télécom
américains de la part des opérateurs satellites et câblo-opérateurs : ces
derniers contrôlent plus de 50 % de l’Internet haut débit et proposent tous
de la téléphonie par le «câble». Enfin, par la nouvelle forme de concurrence qui
sévit en mobilophonie. Alors que de belles perspectives de croissance persistent
dans ce domaine (le taux de pénétration n’est que de ±70 % aux USA),
les opérateurs courent le risque d’être supplantés par de nouvelles
technologies : un exemple, le Wimax, inventé aux USA, qui permet de créer
de grands réseaux d’accès Internet haut débit sans fil.
Plus grand, mieux
diversifié Face à ces changements, AT&T a réagi en se
lançant corps et âme dans les acquisitions. La dernière en date : son offre
sur BellSouth, une autre Baby Bell. Si elle se concrétise,
AT&T aura dépensé en deux ans ±130 milliards de dollars en
acquisitions, il deviendra numéro américain dans la téléphonie fixe, l’ADSL, la
mobilophonie et les services de communications aux entreprises. Son chiffre
d’affaires atteindra ±120 milliards de dollars et devrait dès 2007 se répartir
comme suit : 34 % en téléphonie mobile, 26 % dans les services
aux entreprises, 23 % en téléphonie fixe pour particuliers (y compris
Internet), 12 % dans la vente de communications en gros (à d’autres
opérateurs) et 5 % dans les annuaires. Une position de poids, assortie
d’une belle diversification, permettant de moins souffrir de toute mutation
technologique brutale d’un segment. Par ailleurs AT&T pourra proposer une
marque unifiée et des services en «package» (fixe, mobile, Internet, TV), de
quoi plaire à la clientèle et la fidéliser.
Intégrer les
acquisitions La multiplication des acquisitions fait grossir
le risque lié à leur intégration. Des intégrations qui vont en outre prendre du
temps et mobiliser les énergies, alors que le marché va évoluer. Mais nous
pensons que la direction est à même d’assumer cette tâche. Pour preuve, le bon
déroulement de l’intégration de la dernière acquisition en mobilophonie
(AT&T Wireless en 2004). De plus, le risque d’intégration nous semble limité
pour BellSouth car les deux sociétés travaillent déjà de concert (elles
détiennent ensemble Cingular Wireless, premier opérateur mobile aux USA). En
combinant les activités de BellSouth et de l’ancien AT&T, le groupe
table sur de nouvelles synergies d’ici 2008, pour ±0,80 USD par action, et
sur une hausse à deux chiffres du bénéfice par action 2006 et 2007 (coûts
d’intégration non inclus), notamment grâce à la suppression d’effectifs et à la
réduction des dépenses marketing.
Projets
d’investissements Financièrement solide et fort d’économies
de coûts liées à sa taille, AT&T aura les moyens d’investir dans des
nouveautés. En télévision, il souhaite déployer un réseau de fibre optique qui
offrira un bouquet plus important que le «câble» et plus de services
interactifs. Une offre qui lui permettra de mieux se différencier encore des
câblo-opérateurs (qui n’ont pas non plus d’offre de mobilophonie). D’ici 2010,
il compte occuper 30 % du marché des abonnés aux bouquets TV et limiter
ainsi l’érosion de sa téléphonie fixe, grâce à son offre en «package». Dans un
premier temps néanmoins, une partie limitée seulement des abonnés aura accès à
cette offre (un handicap face aux câblo-opérateurs, qui ratissent large). Autre
pari : la mobilophonie. En retard dans la 3ème génération, les USA
pourraient passer directement à la technologie 3,5 G, qui offre une vitesse
de transmission plus rapide et plus de chances de succès dans les services
mobiles multimédias.
Séduisant malgré le
risque Certes, le risque lié aux nouveautés technologiques,
aux intégrations et même à l’approbation du rachat de BellSouth n’est pas à
négliger. De plus, les concurrents vont réagir (les câblo-opérateurs, le numéro
américain des télécoms Verizon). Mais AT&T bénéficie d’une belle longueur
d’avance et sa direction est expérimentée. Compte tenu des perspectives et du
dividende élevé, le titre est bon marché. Même en tenant compte des coûts
d’intégration, nous tablons sur de belles hausses du bénéfice par action, à
1,52 USD en 2006 et 1,84 USD en 2007. Si vous ne craignez pas un
risque supérieur à la moyenne, nous vous conseillons ce titre.


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