Secteur automobile européen (10 avr 2006)
Depuis le 1er janvier 2005,
l’indice du secteur automobile européen a gagné 42 %. Une performance
supérieure à la moyenne des autres secteurs, puisque, sur la même période, le
DJ Stoxx 50 (moyenne des 50 plus grandes actions européennes) n’a
gagné que 27 %. Néanmoins, si certaines restructurations initiées ont
participé à cette hausse boursière, elles restent trop peu volontaristes, car la
rentabilité est loin d’être au beau fixe et divers problèmes structurels
persistent. Pour l’heure, le secteur reste donc peu attirant dans son
ensemble, mais plusieurs titres, exagérément pénalisés, sont malgré tout
conseillés.
Depuis quelques années, les constructeurs automobiles européens
doivent faire face à un climat bien morose : ventes difficiles, concurrence
de plus en plus rude, baisse de rentabilité. Et pour plusieurs d’entre eux, les
récents résultats ne laissent guère entrevoir d’amélioration. Ainsi, la marge opérationnelle des activités
autos de Renault a chuté de 4,3 % en 2004 à 2,2 % en 2005 et nous
tablons sur 1,8 % pour 2006, pour cause de désintérêt relatif des clients
pour la gamme. De son coté, Volkswagen n’affiche pour sa marque éponyme qu’une
marge de 1,3 % en 2005. Comment les acteurs ont-ils déjà tenté de
réagir ? Qu’est-ce qui explique que, malgré tout, sur les Bourses, le
secteur s’est vu revalorisé en 2005. Et qu’est-ce qui reste à faire ?
Rapprochements : des
échecs Face au climat morose, les constructeurs ont bien
tenté de s’unir ou se rapprocher, pour atteindre une taille plus grande,
susceptible de permettre des économies. Mais ce fut avec bien des déconvenues.
DaimlerChrysler s’est ainsi vu contraint de céder récemment le solde de sa
participation dans Mitsubishi et remet sérieusement en question l’avenir de
Smart, chez General Motors, l’avenir de Saab est aussi remis en cause et chez
Ford, Jaguar reste un poids mort. A l’opposé, Toyota, Honda et Porsche, qui
se sont toujours refusés à acquérir d’autres noms, peuvent être fiers du succès
de leur croissance interne.
Mises en commun : une question
d'équilibre Pour tenter de produire plus en contrôlant les
coûts, les constructeurs ont joué la carte des mises en commun : utiliser
pour plusieurs modèles le même moteur, la même suspension, etc. (des éléments
que, d'emblée le client ne voit pas) et ne différencier les voitures que par ce
que le client regarde en premier lieu (tableau de bord, carrosserie…). Mais
l’exercice est périlleux : partager trop peu de composants ne favorise pas
suffisamment la rentabilité et en partager trop rend les différents modèles trop
semblables, ce qui pèse in fine sur les ventes (VW, qui a ainsi utilisé des
éléments communs pour ses diverses marques VW, Skoda, Seat et Audi en a fait les
frais ces dernières années).
Séduisantes nouvelles
équipes La revalorisation boursière du secteur s’explique en
grande partie par l’arrivée quasi simultanée de nouvelles équipes dirigeantes
chez Renault, Volkswagen, DaimlerChrysler…, lesquelles se sont directement
prononcées pour des mesures plus volontaristes que leurs prédécesseurs.
Ce qui est fait Les
mesures de redressement lancées sont, dans un premier temps, restées
classiques : baisse des coûts de production (Volkswagen, DaimlerChrysler)
et développement de la gamme pour assurer la croissance des ventes (Fiat,
Renault et BMW). Une approche plus nouvelle se dessine aussi : le
recentrage sur l’activité auto, au détriment des activités annexes. VW a
ainsi annoncé la cession de sa filiale de location de voitures Europcar
(à un très bon prix) et étudie la cession de certains pans de son activité de
composants. Nissan, allié de Renault, va céder 13 % de sa filiale
camions au suédois Volvo. L’activité bus et camions de
DaimlerChrysler et de Fiat (Iveco) pourraient connaître le même sort (ces
opérations dans les divisions poids lourds sont motivées par l’annonce de
normes environnementales plus sévères qui nécessiteront de lourds
investissements). DaimlerChrysler a en outre aussi réduit sa participation dans
EADS.
Ce qui reste à faire
Le secteur souffre toujours de problèmes structurels qui
sont autant de défis pour les constructeurs. - Concurrence et guerre des
prix. Elles devraient continuer à se renforcer. D’une part par la volonté
farouche de chacun de conserver ses parts de marché, au prix de rabais
destructeurs de rentabilité. D’autre part par les Asiatiques : ils
continuent de développer leurs capacités de production en Europe de l’est
(Hyundai s’implante en République tchèque pour produire 300 000 voitures
fin 2008) et approvisionneront l’ouest en modèles fiables et répondant à la
demande (comme par exemple les 4x4, un créneau négligé par les européens). -
Surcapacités chroniques. Face aux impératifs politiques et
sociaux, les grands constructeurs sont incapables de fermer des chaînes de
montage, même si la capacité de production globale dépasse largement la demande
(c’est le cas pour 20 % chez Volkswagen et pour 15 % chez Renault).
Pour ne pas trop souffrir des coûts fixes qu’ils doivent ainsi supporter, les
constructeurs procèdent à des arrêts temporaires, mais sont aussi contraints,
pour maintenir un certain volume de ventes, à consentir de gros rabais. -
Normes environnementales. Elles seront à nouveau durcies.
Alors que les normes Euro 4 (réduction des émissions polluantes) viennent
d’entrer en vigueur, d’autres sont déjà à l’étude : les Euro 5,
sévères pour le diesel, sont prévues pour la fin de la décennie, et les
Euro 6 à plus long terme. Et chaque nouvelle norme implique un surcoût
important pour les constructeurs. Pour Peugeot, la norme Euro 4 a ainsi
amputé le bénéfice opérationnel
2005 de l’activité auto de 10 % (97 millions d’euros) et le rabotera
encore de 250 millions en 2006 (15 à 20 %). Les réponses des
constructeurs à ces défis restent jusqu’ici hésitantes. Ils augmentent
l’offre des modèles offrant de plus belles marges (tout-terrain, cabriolets,
sportives), mais une telle mesure ne tiendra la route que jusqu’à ce que ces
segments soient aussi encombrés. Des projets de voitures moins polluantes sont
aussi dans les cartons, mais chacun avance avec prudence. Quant aux fermetures
de capacités de production, même si des rumeurs circulent (par exemple pour VW à
Bruxelles), elles ne semblent pas vraiment à l’ordre du jour. Dans ce cadre,
les objectifs de marge opérationnelle visés pour 2008 par, par exemple, Fiat, VW
et Renault nous semblent très optimistes. Nous nous montrons plus prudents dans
nos estimations.
Investir avec
sélectivité Les résultats 2005 ont confirmé la difficulté que
rencontrent les constructeurs pour relancer durablement les ventes et la
rentabilité. De plus larges restructurations nous semblent toujours
indispensables. Pour l’heure, le secteur ne nous semble donc pas intéressant
dans son ensemble. Par ailleurs, les rendements sur dividendes restent peu
élevés : pour l’exercice 2006, une moyenne de 2,6 % brut est attendue
(3 % pour la moyenne de notre sélection). Toutefois, au regard des
mesures de redressement déjà prises, ou qui le seront selon nous, certaines
valeurs nous semblent exagérément pénalisées par les investisseurs. C’est sur
elles que nous misons.
Nos valeurs conseillées à
l’achat
Volkswagen VZ Certes, même si les
résultats du quatrième trimestre 2005 ont confirmé le redressement, le rythme
reste trop faible au regard des pressions de la concurrence. VW doit donc encore
réduire ses capacités de production et le coût du travail. Dans ce dessein, il
réduira de 20 000 unités le nombre de postes de travail, mais sans
fermetures d’usines (départs volontaires, cessions d’activités périphériques…).
Ces mesures sont d’autant plus indispensables que le renouvellement de sa gamme
semble maintenant moins dynamique. Elles édifient un potentiel de redressement
des résultats, dont le cours ne tient pas encore totalement compte.
Peugeot Citroën Malgré des résultas
2005 décevants et une année 2006 qui s’annonce médiocre, le français se tient
jusqu’ici à l’écart des restructurations et table plutôt sur ses nouveaux
modèles (leur impact sera selon nous surtout marqué en 2007). Certes, des
mesures plus volontaristes pourraient se révéler nécessaires, mais le groupe ne
les exclut pas. Il reste de plus bien géré, par une direction très prudente, et
bénéficie de finances saines. La récente sous-performance du cours nous paraît
donc exagérée.
Renault Trop dépendant de la Mégane,
le groupe renouvelle sa gamme : 26 nouveaux modèles seront lancés, dont 13
sur des segments dont il est absent (4x4…). La direction, qui a déjà réussi le
redressement de Nissan, fixe des objectifs très ambitieux. Le dividende passera
de 2,4 EUR brut en 2005 à 4,5 EUR en 2009. Un redressement qui sera
difficile mais qui nous paraît possible.
A conserver
DaimlerChrysler Des réductions
d’effectifs sont prévues chez Mercedes. Mais au-delà de la baisse des coûts, la
direction cherche aussi à se montrer plus rapide dans le lancement de nouveaux
modèles. Les premiers résultats de cette stratégie nous rendent confiants mais
le cours les incorpore déjà.
BMW L’allemand reste fidèle à ce qui
fait son succès : le haut de gamme. Même si la concurrence cherche à se
développer sur ce marché, BMW devrait rester la référence et maintenir sa bonne
rentabilité. Le cours en tient compte.
Fiat Sortant victorieux d’un
plan de baisse des coûts, Fiat met maintenant l’accent sur la reconquête des
parts de marché perdues ces dernières années, en rajeunissant sa gamme. L’action
est correctement évaluée.


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TOB sur actions
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vous payez sur vos ordres, la TOB ou taxe sur les opérations de Bourse s’élève,
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Big Mac
On appelle Big Mac l'indice calculé
sur base du prix du Hamburger Big Mac dans plus de cent pays, pour mesurer le
degré de sur ou sous-évaluation d’une devise sur base du pouvoir
d’achat.
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