Solvay (15 mai 2006)
Trop modeste
Le chimiste belge poursuit une politique de
diversification ambitieuse mais ne dispose pas, selon nous, des moyens
nécessaires pour être suffisamment compétitif, à la fois dans la chimie et la
pharmacie. Titre cher. VENDEZ.
Sur 5 ans, l’action a offert un rendement annuel moyen de
12,2 %, contre 5,8 % pour l’indice chimique mondial (voir graphique).
Pour 2006, suite au bon résultat du premier trimestre, nous relevons notre
prévision de bénéfice à 7,8 EUR par action (contre 7,3 auparavant). Pour
2007, nous misons sur 8,5 EUR (contre 7,75). Pourtant, nous maintenons
notre conseil de vente ….
Diversification Solvay, groupe de taille
modeste à l’échelle mondiale, est actif dans la chimie, les plastiques et la
pharmacie, et cherche à occuper les premières places dans plusieurs niches.
Surtout présent en Union Européenne, il cherche à se renforcer en Asie, en
Europe de l’Est et en Amérique. Ces dernières années, il a multiplié ventes et
achats d’activités : il s’est retiré de la pétrochimie pour se renforcer
dans les plastiques; en pharmacie, il va peu à peu quitter la gastro-entérologie
et les traitements hormonaux (secteur en déclin, vu le risque de cancer) pour se
consacrer aux maladies neurologiques, cardiométaboliques (forte croissance mais
rude concurrence) et, dans une moindre mesure, aux enzymes pancréatiques et aux
vaccins antigrippe (gros contrat récent avec les USA). Ainsi, la part de ses
activités «de base» s’est réduite (de 71 % du chiffre d’affaires en 1995 à
43 % actuellement) au profit de sa chimie de spécialités et de sa pharmacie
qui offrent des produits à plus haute valeur ajoutée.
Rationalisation Le groupe s’est
aussi rationalisé. Il a diversifié ses besoins en énergie et optimisé leur
consommation; il a aussi réduit sa dépendance aux matières premières par
l’acquisition de participations dans des mines et carrières. Il a ainsi poussé
sa marge opérationnelle d’une
moyenne de 7,7 % (de 1996 à 2001) à un niveau de 10 % (de 2002 à
2005). La poursuite de cette rationalisation touchera surtout la pharmacie, avec
comme objectif, d’ici 2010, de dégager des économies de 300 millions
d’euros (grâce notamment aux synergies issues du rachat en 2005 du labo
pharmaceutique français Fournier, spécialisé dans la cardiologie), de faire
passer la marge opérationnelle de la pharmacie de 13,3 % à 20 % et
d’atteindre une croissance annuelle moyenne du chiffre d'affaires de plus de
7 %.
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Chiffre
d'affaires |
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8,5 milliards d’euros en 2005
répartis… |
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dans les activités ... |
en % |
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Plastiques |
41 |
|
Chimie |
31 |
|
Pharmacie |
26 |
|
dans le monde … |
|
Union Européenne |
51 |
|
Amérique (Nord et Sud) |
34 |
|
Asie |
7 |
|
Europe de l'Est |
5 |
A contresens du secteur Au contraire des ses
pairs qui, depuis la fin des années 90, cherchent à se spécialiser, Solvay s’est
plutôt diversifié, réduisant la part de ses activités chimiques au profit de la
pharmacie (dont la part dans le chiffre d’affaires total est passée de 13 %
en 1995 à 26 % en 2005). Or, si les autres grands acteurs cherchent à se
recentrer (sur la chimie ou la pharmacie), c’est pour mieux faire face à la
concurrence accrue et aux lourdes exigences légales (tests de toxicité imposés
en chimie par la future réglementation européenne Reach, davantage d’essais
cliniques avant la commercialisation de nouveaux médicaments). Autre but de la
spécialisation : mobiliser plus de ressources sur les projets de recherche.
Et à ce niveau, Solvay dispose déjà de ressources limitées. En 2005, son budget
de Recherche et Développement atteignait 457 millions d’euros, soit
5 % de son chiffre d’affaires, dont les 3/4 étaient destinés à la
pharmacie. Ce montant sera certes relevé : on parle pour 2006 de
413 millions d’euros pour la pharmacie. Mais globalement, il reste
faible : le budget moyen de développement d’un nouveau médicament est en
effet évalué par certains à plus de 650 millions d’euros ! Solvay a
d’ailleurs déjà fait les frais de cette faiblesse, pour son médicament contre le
syndrome du côlon irritable, le Cilansetron, que d’aucuns considéraient comme un
potentiel blockbuster (ventes de plus d’1 milliard de dollars). Suite à la
demande de tests complémentaires par les autorités, Solvay a dû en abandonner le
développement, pour ne pas mettre en péril d’autres projets. En outre, que ce
soit en chimie ou en pharmacie, il réalise près d’un projet de recherche sur
deux en partenariat, pour mobiliser plus d’argent. Mais cette politique n’est
pas sans danger. Certes, pour le développement du Biféprunox (médicament contre
la schizophrénie), réalisé avec l’aide de Wyeth et Lundbeck, les partenaires
maintiennent leur soutien, malgré les tests complémentaires exigés et le report
de sa commercialisation en Europe. Mais le risque pour Solvay, de taille
modeste, est de dépendre de son partenaire dont la position de force permet
parfois d’imposer des conditions très strictes.
Actionnariat
verrouillé Enfin, dans les secteurs chimique et pharmaceutique, de
nombreuses OPA lancées ces derniers mois ont stimulé les cours. Mais pour
Solvay, le petit actionnaire ne doit pas trop y compter. Car tout rachat sera
soumis à l’accord des familles Solvay, Janssen et Boël qui, par le holding
Solvac, détiennent 27 % du capital de Solvay et constituent une minorité de
blocage.

Sur 5 ans, le
return moyen de Solvay (gras/base 100), a été supérieur à celui du secteur
chimique mondial (trait fin). Il a décliné ces derniers mois, suite aux
déceptions entourant deux médicaments précédemment jugés
prometteurs.


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Rendement immédiat
Le rendement immédiat d’une
action est le gain obtenu par le dividende. Il s’oppose au return qui tient
compte du dividende et de la plus-value.
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Nasdaq
L’appellation NASDAQ est l’abréviation de North American Security
Dealers Automated Quotation.
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