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American Ecology (23 oct 2006)
Nouveauté dans notre sélection : l’action d’une
entreprise américaine de traitement des déchets, bien gérée et financièrement
saine. Titre bon marché. ACHETEZ.
Cours au moment
de l'analyse : 20,81 USD
Assainir tous
azimuts American Ecology est une entreprise active dans le
traitement des déchets dangereux (produits chimiques, déchets faiblement
radioactifs …). Elle exploite principalement 4 centres de traitement des déchets
dans le Nevada, l’Idaho, au Texas et dans l’Etat de Washington. Elle assure
également le transport des déchets dangereux. Ses clients sont principalement
des entreprises industrielles (fabricants de produits chimiques, installations
nucléaires, raffineries, entreprises sidérurgiques, …) et des administrations
(l’armée américaine notamment).
Secteur à maturité
? Le secteur américain du traitement des déchets dangereux
est né au début des années 70, avec les premières lois sur l’environnement,
lesquelles se sont étayées petit à petit, créant ainsi une nouvelle demande de
services tant de la part de l’industrie que de l’Etat. En 1990, ce marché valait
3 milliards de dollars. Mais ces services de traitement s’avérant onéreux pour
les entreprises productrices de déchets, celles-ci ont cherché à les traiter
elles-mêmes et veillé à en limiter la production. Résultat, en 2002, le marché
ne pesait plus que 2,3 milliards de dollars. Pour rester compétitives et
rentabiliser leurs investissements, les entreprises de traitement se sont
lancées dans une guerre des prix. Et ce fut au détriment de la rentabilité.
Beaucoup furent contraintes de mettre la clef sous le paillasson, pendant que
d’autres cherchaient des économies d’échelles, en réalisant des
acquisitions. Aujourd’hui, le marché restant difficile, des opportunités
d’acquisitions subsistent pour les acteurs les plus solides. En outre, les
volumes de déchets produits étant de plus en plus difficilement compressibles,
un certain niveau de demandes de traitement devrait rester récurrent. Par
ailleurs, la demande dépendra néanmoins encore de la croissance économique aux
USA et des grands projets de nettoyage de sites pollués mis en place par les
autorités. Enfin, elle devrait aussi être stimulée par le développement de
l’énergie nucléaire.
Un cas à
part Dans le secteur, American Ecology sort du lot,
essentiellement par la spécificité de son modèle économique. L’entreprise fait
en sorte que des contrats de longue durée (revenus récurrents) assurent
50 % de son chiffre d’affaires, de manière à couvrir la totalité de ses
coûts fixes. Pour le solde de ses revenus, il conclut des contrats, le plus
souvent avec des agences gouvernementales, pour de grands projets de nettoyage
de sites pollués. Ces contrats sont certes plus volatils et plus incertains mais
les revenus qu’ils procurent n’étant plus pénalisés par les coûts fixes (déjà
couverts), ils favorisent directement le résultat opérationnel. En 2004 et
2005, American Ecology a ainsi dégagé une marge opérationnelle de plus de
23 %, une des plus élevées du secteur (chez Clean Harbors, leader du
secteur en termes de chiffre d’affaires, elle ne fut que de 6 % en 2004 et
de 7 % en 2005). Cette stratégie lui a aussi permis de faire croître son
chiffre d’affaires d’en moyenne 18,5 % l’an de 2001 à 2005, sans
acquisition. Un avantage concurrentiel non négligeable dans un secteur en
consolidation : sa situation financière est la plus saine du secteur
(aucune dette ni goodwill) et lui
permettra, le cas échéant, de saisir des opportunités d’acquisitions. Une
stratégie réussie donc, pour beaucoup suite à ces gros contrats de nettoyages de
sites pollués, que l’entreprise décroche avec une certaine aisance, grâce à la
qualité et la compétitivité de son offre par rapport à la concurrence.
Non sans
aléas Mais si American Ecology détient de beaux atouts, elle
ne joue pas non plus sans risque. Car, tout d’abord, le traitement des déchets
dangereux étant très réglementé, l’entreprise court le risque de voir des
modifications légales perturber son activité. Ensuite, sa réussite repose en
grande partie sur les beaux contrats de nettoyage. Même si l’entreprise a
démontré jusqu’ici sa bonne capacité à les décrocher, rien ne garantit que ce
sera toujours le cas à l’avenir. Enfin, la trop faible diversification de ses
revenus (concentrés sur quelques gros clients) : en 2005, l’armée
américaine, au travers de l’agence gouvernementale USACE, assura 27% du chiffre
d’affaires. Même si le risque de voir cette relation commerciale s’interrompre
est peu élevé, il n’en reste pas moins que la perte de ce seul client aurait un
impact non négligeable sur le résultat opérationnel.
Hors ligne, solide et bon
marché Malgré la situation difficile de son marché, American
Ecology nous semble bien placée pour tirer son épingle du jeu. Et sa solidité
financière lui permettrait d’affronter d’éventuels soubresauts de son résultat
opérationnel. Pour cette année, nous prévoyons un bénéfice par action de
0,89 USD, en hausse de 35 % par rapport à 2005; pour 2007, nous
tablons sur 1,12 USD (+26 %).


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