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Pfizer (30 oct 2006)
Avec un chiffre d’affaires 2005 de 51 milliards de
dollars, l’inventeur du Viagra est le numéro un mondial de la pharmacie. Son
parcours boursier a néanmoins déçu ces dernières années, perturbé par le
résultat un peu amer de l’acquisition de Pharmacia et par la concurrence des
médicaments génériques, qui pèse exagérément sur son cours. Mais le groupe
réagit en développant de nouveaux médicaments et en gratifiant ses actionnaires.
Action bon marché. ACHETEZ.
Cours au moment de
l'analyse : 27,22 USD
Acquisitions : succès
mitigé En 2000, Pfizer fusionna avec Warner
Lambert et mit ainsi la main sur le médicament le plus vendu au monde depuis
plusieurs années : l’anti-cholestérol Lipitor, (ventes pour
12 milliards de dollars en 2005). En 2002, voulant renouveler ce succès, il
racheta Pharmacia, qui lui permit notamment de pénétrer le marché des
médicaments pour l’oncologie et de devenir numéro un mondial de la pharmacie.
Mais ce rachat se révéla assez décevant : le coût d’intégration fut plus
élevé que prévu et les ventes eurent des ratés au démarrage (les clients de
Pharmacia avaient constitué des stocks avant la reprise). De plus, alors que
Pfizer avait déboursé 55 milliards de dollars pour s’offrir Pharmacia,
comptant notamment sur le succès de deux médicaments, le Bextra et le
Celebrex, une tuile s’abattit sur ces produits. Suite au retrait du marché, en
2004, de l’anti-inflammatoire Vioxx de Merck (réputé nocif), le Bextra,
médicament similaire, subit le même sort en avril 2005 et l’affaire jeta le
trouble sur le Celebrex, autre médicament de la même famille (aujourd’hui, les
ventes de ce dernier ont repris).
Génériques : menace
pesante Grâce à ses deux fusions, en 2003, Pfizer détenait
neuf blockbusters (ventes annuelles de plus d’un milliard de dollars), soit
quasi deux fois plus que ses gros concurrents. Mais ces blockbusters, très
rentables, sont la cible des fabricants de génériques, qui s'empressent de
lancer une copie dès expiration du brevet ou d’attaquer en justice la validité
du brevet (il y eut une tentative sur le Lipitor, mais Pfizer a eu gain de
cause). Ainsi, pour la période 2005-2007, Pfizer aura perdu le monopole de sept
médicaments, dont quatre blockbusters (au total, ±30 % de ses ventes de
médicaments sur ordonnance, lesquelles représentent 95 % de ses ventes
totales). Son chiffre d’affaires en souffre : le groupe ne table sur son
retour à la croissance qu’à partir de 2009 (auparavant, il parlait de 2007). Sa
rentabilité en pâtit aussi, car pour freiner la chute des ventes de certains
médicaments, de lourdes ristournes sont accordées. La marge opérationnelle est ainsi
passée de 35 % en 2004 à 32 % en 2005. Les récents résultats et les
prévisions du groupe révèlent néanmoins que la situation est sous contrôle.
Actionnaire : aux petits
soins Face à ces soucis, Pfizer a lancé en avril 2005 un plan
de rationalisation qui prévoit d’ici 2008 des économies de 4 milliards de
dollars (réduction des coûts de ±12 %). Le nouveau directeur, arrivé en
juillet, compte même aller au delà, en réduisant la bureaucratie et la chaîne
décisionnelle (précisions en janvier). Par ailleurs, Pfizer a cédé son
portefeuille de médicaments sans ordonnance à bon prix (13,5 milliards de
dollars après taxes), ce qui viendra renforcer sa situation financière, déjà
solide, et permettra le rachat
d’actions propres d’ici fin 2007 pour un total de 17 milliards de
dollars (soit 8,5 % de sa capitalisation boursière). L’opération favorisera
le bénéfice par action et prouve que le groupe estime que son action est
sous-évaluée. Pfizer distribue enfin un généreux dividende (rendement de près de
3,5 % brut) et devrait le maintenir.
Pipeline : le
redressement Divers éléments sont à même de rétablir la
confiance. Trois médicaments viennent d’être homologués : Exubera (insuline
inhalée), Chantix (sevrage tabagique) et Sutent (anti-cancéreux dont l’usage
pourrait être élargi). Quelques autres projets sont à un stade avancé. Et pour
mars 2007, des résultats cliniques sont attendus pour un futur
blockbuster : le Tocetrapib, un médicament pour stimuler le bon cholestérol
(qui devrait néanmoins être lancé plus tard que prévu). En outre, Pfizer tire
des revenus de partenariats : ils ne représentent encore que 3 %
de l’ensemble de ses revenus pharmaceutiques mais l’objectif est d’y recourir
davantage (sur ces 9 derniers mois, ils ont déjà progressé de 30 %). Enfin,
le groupe n’exclut pas quelques petites acquisitions. Il vient notamment d’en
faire une pour entrer sur le marché des vaccins (forte croissance mais rude
concurrence).
Achetez Malgré la
pression des génériques, Pfizer demeure solide. En attendant d’avoir à nouveau
un portefeuille de médicaments novateurs à succès, il s’attelle à créer de la
valeur pour l’actionnaire. Au troisième trimestre 2006, son chiffre
d’affaires a gagné 9 % par rapport à un an plus tôt et son bénéfice par
action 10 % (sur base comparable). Pour 2007 et 2008, Pfizer table encore
sur une hausse du bénéfice par action proche de 10 %. De notre côté, nous
tablons sur 1,63 USD en 2006 et 1,72 USD en 2007 (charges non
récurrentes comprises). Malgré le sursaut de ces derniers mois, le titre reste
bon marché.


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