Dexia (06 nov 2006)
Le banquier lance un plan
stratégique, non révolutionnaire mais dynamique et dont les objectifs pourraient
être dépassés. Et sa spécialisation dans le financement public donne une belle
visibilité sur ses résultats futurs. Action bon marché.
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l'analyse : 21,35 EUR
Plan dynamique Le nouveau plan stratégique, axé sur des marchés
offrant un potentiel de croissance plus fort que la France et la Belgique, vise
des objectifs précis : croissance du bénéfice de 10 % l’an d’ici 2010,
rendement sur fonds propres d'au
moins 16 % l’an, rapport entre les coûts et revenus réduits à 52 %
d’ici 2009 (contre 56,5 % actuellement). Des objectifs à poursuivre
essentiellement par croissance
interne, mais sans exclure des acquisitions à des prix raisonnables. Toutes
les activités seront développées à l'étranger, mais l'accent restera mis sur le
financement public.
Financement
public Dexia est leader européen et mondial de cette activité
(financement des communes mais aussi de bien d’autres départements du secteur
public). Elle lui fournit 50 % de ses profits et assure leur croissance
récurrente. Pour le moyen terme, Dexia la développera en Europe centrale et
de l'Est, au Canada et au Mexique. Il brigue aussi le plus rapidement possible
une forte position au Japon, où le financement public est en pleine
réorganisation. A plus long terme, ce développement passera aussi par la
conquête de l’Asie (Chine et Inde surtout) et de l'Amérique du Sud (Brésil
notamment) ainsi que de la Turquie, à partir de Denizbank (détenu à 75 %).
Une conquête pour laquelle Dexia détient de beaux atouts : innovation dans
les produits, services attractifs et sophistiqués, etc. D’ici 5 ans, ces marchés
devraient contribuer au profit de l’activité et réduire de 50 % à
±33 % la part fournie par la France et la Belgique. En outre, l’activité
sera renforcée aux USA (25 % du profit de l’activité) et dans le reste de
l’Europe (25 %), tant en visant les grosses cibles du secteur public
(concurrençant ainsi les grandes banques d'affaires américaines) que les plus
petites, pour lesquelles il est le seul réel acteur (les autres sont rebutés par
la nécessité d'une forte implantation locale). Ses moyens privilégiés restent le
partenariat avec des acteurs locaux (Espagne, Autriche, Italie) et la création
de filiales (Allemagne, Europe centrale et de l'Est).
Banque
universelle Dexia est aussi actif en banque universelle, surtout en
Belgique, où le potentiel de croissance s’épuise. L’intégration d’Artesia
(banque de détail) est achevée et Dexiam (gestion d’actifs) a été restructuré.
Et les possibilités de réductions de coûts faiblissent (même si un récent plan,
avec suppression de 220 emplois et des initiatives en informatique, vise
une économie de 0,09 EUR par action d'ici 2009). Dexia cherche dès lors à
étendre sa banque universelle en Europe et à pallier son absence dans des
activités telles que la banque d'investissements, plus volatile, mais bénéfique
en cas d’embellie boursière. Il privilégie la croissance interne (notamment en
gestion d'actifs en Europe de l'Ouest et du Nord), mais n'exclut pas des
acquisitions (notamment en banque de détail). C’est ainsi qu’il a déjà acquis en
juin 75 % de la banque turque Denizbank et qu’il lancera prochainement une
offre sur le restant. La filiale turque contribuera déjà aux profits 2006 mais a
été chère payée selon nous (marché turc risqué). Les synergies, qui proviendront
surtout des revenus, se limiteront à 0,04 EUR par action d'ici 2008 et à
0,06 EUR à terme en 2015. Pour la suite, les opportunités d’acquisitions se
font rares en Europe et les prix sont élevés. Si Dexia s’y risque à nouveau,
nous le tiendrons à l'œil car il a peu brillé par le passé dans ces opérations
(Banque Labouchère, Artesia Nederland).
Rapprochement ? Pour
satisfaire ses ambitions en banque universelle en Europe, Dexia devrait sans
doute envisager un rapprochement avec un concurrent. Mais cette possibilité est
mal vue par les acteurs du secteur public belge, qui sont actionnaires de Dexia
(en témoigne, l'échec de la fusion avec Sanpaolo-IMI fin 2004). Une fusion avec
un belge (Fortis, KBC) semble aussi difficile pour des raisons de concurrence et
de pertes d'emplois. Quant à un rachat par un tiers, éventualité la plus
plausible, il reste sans doute freiné par le profil de Dexia, atypique par sa
spécialisation dans le financement public.
Retard récupérable De trimestre en trimestre, les
résultats sont excellents, grâce notamment au financement public et au dynamisme
du réseau commercial belge. Le nouveau plan n’apporte pas de gros changement
stratégique, n’altère pas le profil de risque et poursuit des objectifs
financiers qui seront sans doute dépassés. Après un bénéfice 2005 de
1,87 EUR par action, nous prévoyons 2,53 EUR en 2006 (plus-value sur
cession incluse) et 2,20 EUR en 2007. Enfin, Dexia entend mener une
politique généreuse de rachat
d'actions et de dividende
(rendement de 2,7 % net estimé pour 2006). Actuellement, son cours souffre
toujours du prix élevé payé pour Denizbank mais les qualités confirmées du
groupe devraient lui permettre de se reprendre. L’action mérite toujours une
place dans votre portefeuille.
DEXIA / SECT. BANCAIRE
EUROPEEN

Le cours de Dexia (gras/base
100) est encore en retard sur la moyenne du secteur en Europe (trait fin) suite
au rachat mal perçu de Denizbank.


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