Unilever est sur le point de nommer à son conseil administration
le premier président indépendant de son histoire. Le plus sérieux candidat est
Michael Treschow, actuel président de Ericsson et Electrolux : un regard
neuf et objectif et des talents de réorganisation. Reste à espérer que son
arrivée permettra la prise de décisions salutaires. Car, malgré plusieurs plans
ces dernières années, le groupe peine à retrouver une croissance bénéficiaire
suffisante et durable. Sur les 9 premiers mois de 2006, sur une base comparable,
sa marge opérationnelle a perdu
0,7 % et son chiffre d’affaires n’a pris que 3,9 %. Malgré une
amélioration de la productivité, les coûts croissent trop vite, surtout pour le
marketing, et l’innovation reste trop faible, ce dont profite la concurrence.
Unilever est de plus en plus dépendant des pays émergents (±40 % du chiffre
d’affaires), qui souffrent d’instabilité et dégagent une rentabilité inférieure
à la moyenne du groupe. Des mesures radicales seraient donc nécessaires (p.ex.
la scission des activités alimentation et détergents). Et le
groupe pourrait aussi se montrer plus généreux en dividendes.
Dans
l’attente, nous maintenons nos prévisions de bénéfice par action à 1,28 EUR
pour 2006 et 1,42 EUR pour 2007.