Bank of America (05 févr 2007)
Sous la loupe
Judicieuse, la
stratégie de croissance interne et externe de Bank of America est tout profit
pour l’actionnaire qui bénéficie des excellents résultats à travers un joli
dividende (rendement brut de 4,5 %) et un vaste programme de rachat d’actions
(5 % du capital). L’action est bon marché. ACHETEZ
Un leadership
incontesté Bank of America Corporation (BAC)
est le n°1 incontesté de la banque de détail aux Etats-Unis où il couvre la
quasi-totalité du territoire et dispose, dans un paysage bancaire très morcelé,
de 9,2 % des dépôts sous gestion, loin devant JP Morgan Chase (6,9 %)
et Wells Fargo (5 %). Outre la banque de détail (53 % des
bénéfices) qui lui assure de confortables rentrées récurrentes, BAC est aussi
actif dans la banque d’affaires et la gestion de fortune.
Bons résultats
en 2006 A 4,66 USD, le bénéfice par
action a progressé de 13,6 % par rapport à 2005, une progression favorisée,
surtout, par l’intégration de MBNA (émetteur de cartes de crédit) qui a déjà
généré 1,25 milliard de dollars d’économies alors que la direction visait
850 millions de dollars d’ici fin 2007. MBNA a par ailleurs largement
contribué à la hausse des revenus totaux de 30 % et permis de ramener le
rapport coûts/revenus de 53,95 % en 2005 à 52,68 % fin 2006.
Problèmes en
vue ? Ces bons résultats cachent toutefois
trois problèmes susceptibles de freiner la croissance en 2007. Tout d’abord, la
marge d’intérêts - différence entre les taux auxquels la banque emprunte et les
taux auxquels elle prête - devrait rester sous pression en raison de l’inversion
de la courbe des taux (taux courts supérieurs aux taux longs) amorcée en 2006
aux Etats-Unis. Ensuite, la qualité des crédits, qui s’est déjà
dégradée l’an dernier, devrait encore s’effriter en 2007 en raison du ralentissement
attendu de l’économie américaine, et contraindra donc BAC à
constituer davantage de provisions, même si leur
niveau devrait rester raisonnable grâce à une politique d’octrois rigoureuse.
Enfin, la banque d’affaires et la gestion de fortune, qui devraient pourtant
reprendre le flambeau de la banque de détail au moment où celle-ci voit sa
croissance bénéficiaire ralentir, exigent encore de nombreux investissements.
D’un autre côté, le groupe profitera, en 2007, d’autres éléments comme la poursuite des synergies liées
à l’intégration de MBNA et US Trust Corp. et nous restons confiants
à plus long terme avec, en 2008, une croissance économique américaine qui
devrait repartir de l’avant et une courbe des taux qui devrait redevenir
“normale”. Sans compter que BAC devrait alors récolter les fruits de sa
stratégie de croissance.
Croissance aux
Etats-Unis… Aux Etats-Unis, la loi interdit toute acquisition ayant
pour effet de porter sa part de marché à plus de 10 % des dépôts. Or, la part
de marché de BAC s’élevant déjà à 9,2 %, les possibilités d’acquisition
sur le marché américain sont assurément limitées. Par contre, rien n’interdit de
franchir ces 10 % à travers une croissance interne. Dans la
banque de détail, cette croissance interne passe en premier lieu par
l’élargissement de la gamme de produits et services grâce à une capacité
d’innovation reconnue de tous. Par ailleurs, le groupe compte aussi renforcer sa
position à New York, et en particulier à Manhattan, terrain de chasse des
concurrents Citigroup et JP Morgan Chase. Le groupe multiplie aussi les
partenariats au niveau des cartes de crédit (e.a. avec American Express) et sa
banque en ligne se développe rapidement (la plupart des concurrents ont renoncé
à la banque en ligne pour des raisons de rentabilité). Enfin, BAC entend élargir
sa branche Crédits immobiliers et Crédits pour PME et négocie à
cet effet l’acquisition de Countrywide, spécialiste des crédits immobiliers.
Outre la Banque de détail, le groupe entend aussi étoffer sa division
Banque d’affaires et la branche Gestion de fortune, une activité
pour laquelle il est aujourd’hui le n°1 aux Etats-Unis depuis l’acquisition de
US Trust Corp.
… et dans le
monde Bien que déjà présent dans 150 pays,
le groupe ne réalise encore que 20 % de ses revenus en dehors des
Etats-Unis, contre 40 % pour Citigroup. Il vise donc aussi le développement de
ses activités à l’étranger, et de préférence en Europe et en Asie -
plus particulièrement en Chine où il détient 9 % dans China Construction Bank
– éventuellement par le biais d’acquisitions. Les noms de
Barclays (756,5 pence, acheter) et Lloyds TSB (590 pence, acheter) sont
fréquemment cités en Europe mais BAC n’est pas prêt à délier outre mesure les cordons de sa bourse
pour une acquisition qui n’offrirait pas un potentiel de croissance important.
Or, les banques britanniques sont trop concentrées sur leur propre marché pour
offrir de véritables opportunités de croissance en Europe. En attendant, BAC
investit donc de manière ciblée dans l’expansion internationale de sa division
Cartes de crédit et de ses activités sur les marchés des capitaux.
Conseil Pour 2007 et 2008, nous estimons le bénéfice par
action à respectivement 5,11 et 5,57 USD. A plus long terme, les
perspectives restent bonnes et l’action est bon marché.
Cours au moment
de l'analyse : 52,74 USD


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