Une sicafi (sociéte d’investissement à
capital fixe immobilier) est une sorte de fonds de placement investi dans
l’immobilier. Elle permet aux détenteurs d’un capital limité d’investir de
manière diversifiée dans l’immobilier. Le rendement des sicafi s’étant révélé
ces dernières années supérieur à celui des placements à capital garanti, le
produit a gagné en popularité. Conséquence : le cours dépasse parfois
considérablement la valeur accordée à la sicafi par les experts immobiliers.
Nous considérons donc que la plupart sont chères (sauf Wereldhave Belgium). Mais
malgré cela, certaines d’entre elles méritent encore de rester dans votre
portefeuille.
Aedifica
Aedifica investit principalement dans
le résidentiel : appartements (meublés ou non), hôtels et maisons de repos.
Fin 2006, plus de ¾ de ses avoirs étaient situés à Bruxelles, 14 % en
Flandres et 9 % en Wallonie. Depuis lors, la sicafi s’est encore enrichie
de 7 immeubles en Wallonie et de 2 immeubles d’appartements en région
bruxelloise. Le taux d’occupation des propriétés (hors appartements meublés)
était en 2006 de plus de 95 %, avec une durée moyenne des baux de 11 ans.
Les hôtels et maisons de repos (39 % de l’avoir total) font en outre
l’objet de baux très longs et sont donc une généreuse source de revenus
récurrents. Nous estimons que le dividende 2006-07 atteindra 1,48 EUR net,
soit un rendement de 3,15 %, parmi les plus faibles du secteur. Mais nous
tablons sur une nette hausse du dividende payable en 2008, à 1,92 EUR, et
sur 1,94 EUR en 2009. Aedifica est trop chère selon nous.
Vendez.
Home Invest Belgium (HIB)
HIB a investi la plus
grosse partie de son avoir (75 %) à Bruxelles. Elle acquiert surtout des
appartements (55,8 %) et place le reste dans des logements meublés, des
immeubles commerciaux et quelques maisons de repos. Le taux d’occupation moyen
de ses propriétés fut de 96,8 % en 2006. En mars dernier, elle a réalisé un
investissement assez important : la reprise de l’Immobilière Van Volxem,
qui possède un ensemble d’immeubles à Forest et représente plus de 4 % de
son portefeuille. En 2006, HIB a aussi vendu une grosse partie de son avoir dans
un immeuble liégeois, avec une belle plus-value.
Le dividende pour 2006
atteindra selon nous au total 2,24 EUR net (acompte de 1,68 EUR
déjà versé en octobre). Pour les prochaines années, HIB souhaite le voir grimper
un peu plus vite que l’inflation. Nous tablons ainsi sur 2,30 EUR payable
en 2008 et sur 2,35 EUR en 2009.
Le rendement de HIB est
faible et la sicafi est chère. Vendez.
Warehouses De Pauw (WDP)
WDP mise pour
l’essentiel sur des immeubles semi-industriels et logistiques (88 % du
portefeuille). 80 % de ses biens sont situés en Belgique et le reste est
sis en France (11 %), en république Tchèque (5 %) et aux Pays-Bas
(4 %). A l’heure actuelle, WDP vise surtout le nord de la France, car les
spécialistes estiment que le Nord-Pas de Calais offrira au cours des 10 à 15
prochaines années le meilleur potentiel de croissance au niveau de la
logistique. Il n’exclut pas pour autant d’autres possibilités, avec d’ambitieux
souhaits de croissance : d’ici fin 2009, la valeur de son portefeuille
devrait avoir doublé par rapport à début 2006. Car dans les bâtiments
semi-industriels, WDP ne peut compter sur une hausse des revenus locatifs (les
prix stagnent) et l’expansion du portefeuille est dès lors la seule façon de
maintenir sa politique de croissance du dividende et de faire grimper encore sa
valeur intrinsèque. L’an passé, celle-ci s’est appréciée de pas moins de
20 %, grâce en partie à des investissements très rentables, réalisés avec
le fruit de son augmentation de capital de septembre.
Après quatre années de
dividende stable (à 2,10 EUR), nous tablons sur 2,23 EUR payable en
2008 et 2,30 EUR en 2009.
Le cours dépasse la valeur réelle à
un point incroyable (plus de 60 %) et la sicafi est donc très chère.
Vendez.
Montea
Introduite en Bourse en octobre 2006,
Montea investit aussi dans l’immobilier semi-industriel et logistique. Elle est
surtout présente en Flandres (82% du portefeuille) mais aussi dans la région
parisienne pour 8 % de ses avoirs. Elle cherche d’ailleurs à ce que la
France devienne son deuxième pôle de croissance (le nord de la France devrait
devenir ces prochaines années le noyau européen de la logistique).
Pour
l’exercice en cours, qui compte 15 mois et clôturera le 31/12/2007, la sicafi
paiera un dividende total de 2,02 EUR (0,77 EUR en juin 2007 +
1,25 EUR en juin 2008). Pour l’exercice suivant, le dividende devrait
atteindre 1,70 EUR.
La sicafi est chère mais compte tenu de
son potentiel en France, vous pouvez la conserver.