Sicafi : deuxième volet de notre étude (27 avr 2007)
Sicafi qui investissent dans les bureaux, les
immeubles commerciaux ou une combinaison des différents segments de
marché.
Ascencio Befimmo Cofinimmo Intervest Offices Intervest Retail Leasinvest Real Estate Retail Estates Warehouses Estate Belgium Wereldhave Belgium
TABLEAU
Ascencio Cette sicafi
investit pour plus de 80 % dans des immeubles commerciaux comme les
supermarchés ou les magasins de périphérie. Le reste du portefeuille consiste en
des bâtiments semi-industriels et des bureaux. Plus de 60 % sont situés en
Wallonie, en particulier dans le Hainaut. D’une manière générale, les immeubles
sont relativement anciens. En mars, Ascencio a augmenté son portefeuille de
quelque 10 %. Le locataire principal est le groupe Champion (Mestdagh), qui
représente 20 % environ du total des loyers. Le taux d’occupation est de
l’ordre de 97 %. Fin 2007, les détenteurs de la sicafi devraient percevoir
un dividende net 2,11 EUR. Pour 2008 et 2009, nos estimations sont de 2,50 et
2,55 EUR. Ascencio est assez chère, mais vu le
risque très peu élevé, les belles perspectives de l’immobilier commercial et la
prolongation de l’accord entre Mestdagh et Carrefour en ce qui concerne
l’exploitation des supermarchés Champion, cette sicafi peut être conservée en
portefeuille.
Befimmo Befimmo s’est
illustrée fin 2006 par l’acquisition de 90 % de Fedimmo, composée
d’immeubles cédés par l’Etat belge dont celui-ci reste locataire, le plus
souvent à long terme. Grâce à cette opération, le portefeuille de Befimmo a
augmenté de près de 70 % et est loué pour 65,6 % à l’Etat belge. Il
est désormais constitué pour 98 % de bureaux, dont 80 % sont situés à
Bruxelles et dans sa périphérie. Il y a peu, Befimmo a annoncé pour 2009 un
investissement au Luxembourg, représentant quelque 5 % du portefeuille.
Pour financer ces projets, une augmentation de capital est envisagée. Compte
tenu de l’impact négatif sur le bénéfice par action (bénéfice réparti entre un
plus grand nombre d’actions), nous prévoyons pour le moment un dividende de
3,78 EUR net fin 2007 (contre 4,18 EUR fin 2006). Pour 2008, nous tablons
sur un dividende de 3,83 EUR. Befimmo cote plus de
30 % au-dessus de sa valeur intrinsèque et les perspectives de dividende
paraissent assez moroses. Mieux vaut vendre cette sicafi, très chère.
Cofinimmo De loin la plus grande des
sicafi, Cofinimmo est présente essentiellement dans les bureaux et
accessoirement dans les maisons de repos (actuellement 4,5 % du
portefeuille, avec à terme un objectif de 10 %). Bruxelles s’y taille la
part du lion. Profitant d’un marché immobilier en plein boom, la sicafi a cédé
récemment six immeubles. Elle vient cependant d’acquérir le nouvel immeuble de
RTL à Schaerbeek. Actuellement, Cofinimmo semble surtout s’intéresser à des
opérations avec l’Etat belge ou les autorités régionales (Palais de justice,
casernes de pompiers, écoles,…). Elle devrait s’intéresser aussi à Fedimmo II
(deuxième opération de vente de l’immobilier de l’Etat belge). Le dividende
croît lentement, mais sûrement : 6,2475 EUR net en mai 2006, 6,29 EUR en
2007, 6,33 EUR en 2008 et 6,41 EUR en 2009. Le cours se situe 25 %
au-dessus de la valeur intrinsèque. Cofinimmo est assez
chère, mais vu l’excellence de sa gestion, la sécurité de dividende et son
statut de n°1 dans le secteur, cette sicafi peut être conservée en
portefeuille.
Intervest
Offices Quelque
70 % du portefeuille sont investis dans les bureaux, le reste étant
consacré à l’immobilier semi-industriel. Les immeubles de bureaux étant tous
situés en périphérie de Bruxelles ou en Flandre, la sicafi a été fort touchée
par la crise immobilière des dernières années. Après des années de vache maigre,
2006 a amorcé un net redressement au niveau de la valeur intrinsèque. Par
contre, le résultat opérationnel reste en légère baisse. Le dividende payé en
avril était à nouveau inférieur à celui de l’an passé (1,5895 EUR net
contre 1,615 EUR en 2006). Pour l’exercice en cours, les perspectives sont
nettement meilleures, notamment en raison de la cession fin 2006 de cinq
immeubles de faible qualité, représentant plus de 15 % du total et dont le
taux d’occupation n’était que de 42 %. Suite à cette vente, le taux
d’occupation du portefeuille a grimpé de 10 % à 92 %. Pour 2008 et 2009, nous estimons les dividendes nets à
respectivement 1,68 EUR et 1,72 EUR. Le cours se
situe quasiment 25 % au-delà de la valeur intrinsèque et tient largement
compte de l’amélioration de la qualité du portefeuille et de la rentabilité. La
sicafi est donc chère. Vendez.
Intervest Retail Cette
sicafi investit dans les magasins de périphérie (47 %), dans les
centres-villes (37 %), mais aussi dans les magasins d’usines (16 %).
Il y a quelques années, elle a en effet acquis un projet de Factory Shopping à
Messancy (FSM), dans le Luxembourg belge, qui s’avère calamiteux, malgré les
nombreux et coûteux efforts pour le rentabiliser. Certes, le taux d’occupation
est monté à quelque 90 %, mais les conditions locatives et le taux de
fréquentation demeurent très faibles, à tel point qu’Intervest envisage la
cession à perte de ce bien. La conséquence la plus visible a été la baisse du
dividende, qui est passé de 2,159 EUR net en mai 2005 à 1,819 EUR en 2006
et 1,6745 EUR en avril 2007. Pour 2008, on s’attend à 1,59 EUR. Par
contre, une reprise est espérée en 2009, à 1,70 EUR. Hormis le FSM, la
situation est favorable, avec des taux d’occupation de 99 % et des loyers
en hausse régulière. Un projet de « shopping park » à Olen pose
cependant des problèmes juridiques. Et ces dernières années, la politique
d’investissements et désinvestissements ne s’est pas toujours révélée heureuse.
La nouvelle direction, mise en place en 2006, laisse espérer une reprise en
mains. Malgré la récente baisse du cours, cette sicafi
n’est pas vraiment bon marché : elle est cotée 10 % au-dessus de sa
valeur intrinsèque. Conservez. Les plus audacieux peuvent toutefois miser sur le
redressement à moyen terme espéré, et acheter à titre spéculatif.
Leasinvest Real Estate La
politique d’investissement de cette sicafi est plutôt opportuniste, sans axe
précis. En 2006, elle a ainsi acquis plus de 95 % des actions de Dexia Immo
BIL, sicafi luxembourgeoise possédant des immeubles de bureaux et des commerces
à Luxembourg, ainsi que trois immeubles (deux à Malines et un à Tongres) du
Groupe Extensa. Elle va par contre vendre sous certaines
conditions trois immeubles de bureaux, deux situés à Evere (à un prix de
20 % supérieur à la juste valeur) et un à Wommelgem (Anvers). La part du
Luxembourg est donc passée subitement de 0 à 30 %. Avant les cessions
envisagées, 75 % du portefeuille étaient constitués de bureaux, 19 %
d’entrepôts et immeubles logistiques et 6 % de commerces. Leasinvest vient
d’annoncer qu’elle souhaitait augmenter la part des commerces à 20 %, au
détriment des bureaux (60 %), la part du semi-industriel restant à quelque
20 %. Elle a aussi annoncé vouloir à terme plus que doubler son
portefeuille. Le taux d’occupation est fort élevé (±97 %). Nous prévoyons
des dividendes nets payables fin octobre de 3,32 EUR en 2007 et
3,39 EUR en 2008, contre 3,1875 EUR en 2006. Cette sicafi, cotée quelque 35 % au-dessus de sa valeur
intrinsèque, est chère. Mais les perspectives sont bonnes et les récentes ventes
montrent que la valeur intrinsèque est probablement sous-évaluée.
Conservez.
Retail Estates Cette sicafi
investit principalement dans les centres commerciaux et les immeubles
commerciaux de périphérie. Après l’achat en décembre 2006 de 19 magasins
Brantano et du centre semi-logistique de celui-ci, le portefeuille comprend 212
biens situés en Belgique (97 %) et au grand-duché de Luxembourg (3 %).
A cela s’ajoutent 21 biens détenus au travers des 76,4 % des certificats
Distri-Land que Retail Estates possède. L’achat des magasins Brantano a fait
progresser le portefeuille de 20 %. Il a permis à Retail Estates d’enfin
investir une bonne part du solde des fonds récoltés lors de l’augmentation de
capital de juin 2003. Le taux d’occupation est supérieur à 99 %. Nous
prévoyons des dividendes nets payables début juillet de respectivement
2,02 EUR en 2007, 2,11 EUR en 2008 et 2,17 EUR en 2009. La surcote (ou prime) est élevée (± 25 %), mais la
large diversification du portefeuille et le segment d’activité font que les
résultats sont fort sûrs. Sicafi assez chère. Conservez.
Warehouses Estates Belgium
(WEB) Cette sicafi investit principalement dans l’immobilier
commercial (60,9 %) et dans le semi-industriel (36 %). La plupart des
biens sont situés dans la région de Charleroi. Jusqu’ici, les résultats ont été
très bons et assortis d’une belle progression de la valeur intrinsèque. Ils ont
permis une forte croissance des dividendes payés fin décembre :
1,79 EUR net en 2004, 1,90 EUR en 2005 et 2,30 EUR en 2006. Ce
dernier montant, payé le 3 janvier, incorporait un dividende exceptionnel issu
de plus-values sur ventes pour 0,25 EUR. La hausse devrait être nettement
moins forte à l’avenir. Nous prévoyons des dividendes de respectivement 2,09 et
2,13 EUR en 2007 et 2008. Malgré les déboires de la
famille Wagner, fondatrice et actionnaire principal, et certaines accusations
parues dans la presse, le cours, soutenu notamment par les dividendes élevés, se
situe 30 % au-delà de la valeur intrinsèque. La sicafi est chère.
Vendez.
Wereldhave Belgium Cette
sicafi est présente dans l’immobilier commercial (shopping center de Belle-Ile à
Liège, Nivelles et Tournai), qui représente quelque 60 % du portefeuille,
et dans l’immobilier de bureaux (Berchem-Anvers, Vilvoorde et Bruxelles) pour le
reste. Le taux d’occupation de la partie commerciale est de 100 %, contre à
peine 60 % pour la partie bureaux, soit au total 84 %. Cependant, ce
ne sont pas les considérations financières qui importent, mais bien le litige
fiscal et surtout pénal en cours concernant son rôle dans un montage jugé
frauduleux par le parquet et qui remonte à 1993, bien avant son introduction en
Bourse en juin 1998. Le parquet demande ni plus ni moins que la dissolution de
la sicafi et la confiscation du centre Belle-Ile qui aurait servi à blanchir
l’argent de la fraude. Le 27avril, la chambre du conseil a décidé de… postposer une
fois de plus sa décision au 31 mai prochain. Le dividende payé fin avril est
inchangé à 3,1875 EUR net. Sauf péripéties judiciaires, on peut s’attendre à une
hausse à 3,27 EUR en 2008 et 3,36 EUR en 2009. Cette sicafi est la seule qui présente une décote par rapport à sa valeur
intrinsèque (10 %). Nénamoins, vu la forte hausse du cours et l'important risque
judiciaire (la maison mère Wereldhave International se porte garante pour les amendes fiscales, mais pas
pour les pénales), mieux vaut vendre cette sicafi, correctement évaluée.
|
Sicafi |
Segment immobilier
|
Cours en EUR le
26/4/07 |
(1) |
(2) |
(3) |
(4) |
Conseil |
|
Ascencio |
Commerces |
57,00 |
46,68 |
22,11 % |
2,11 |
3,70 % |
Conserver |
|
Befimmo |
Bureaux |
87,70 |
65,79 |
33,30 % |
3,78 |
4,31 % |
Vendre |
|
Cofinimmo |
Bureaux |
150,79 |
120,48 |
25,16 % |
6,33 |
4,20 % |
Conserver |
|
Intervest Offices |
Bureaux et
semi-industriel |
29,72 |
23,99 |
23,88 % |
1,68 |
5,65 % |
Vendre |
|
Intervest Retail |
Commerces |
36,10 |
34,21 |
5,52 % |
1,59 |
4,40 % |
Achat spéculatif. |
|
Leasinvest Real Estate |
Bureaux et
semi-industriel |
81,20 |
60,65 |
33,88 % |
3,32 |
4,09 % |
Conserver |
|
Retail Estates Belgium |
Commerces |
46,60 |
37,70 EUR |
23,61 % |
2,11 |
4,53 % |
Conserver |
|
Warehouses Estates Belgium |
Commerces et
semi-industriel |
39,20 |
29,84 EUR |
31,37 % |
2,09 |
5,33 % |
Vendre |
|
Wereldhave
Belgium |
Bureaux et
Commerces |
65,20 |
73,00 EUR |
-10,68 % |
3,27 |
5,02 % |
Vendre |
(1) Valeur intrinsèque en EUR
(2) Décote (-) ou prime (+) par rapport à la valeur intrinsèque ; (3)
Dividende net attendu pour l’exercice en cours, en EUR ; (4) Rendement sur
dividende net attendu.


|
 |
Stop loss
Une action est en baisse. Vous lui
faites encore confiance, mais pas à tout prix. En dessous de, par exemple, 50
EUR, la perte deviendrait trop lourde. Un stop loss à 50 EUR vous permet de ne vendre que si l’action descend jusqu’à
ce cours.
|
 |
 |
Ecart-type
L’écart-type est un
facteur d'évaluation. Sur une période donnée, les marchés connaîtront des
hausses et des baisses. La moyenne prévue des deux mouvements permet d'établir
une fourchette : l'écart type. Plus il est important, plus le marché est volatile. Les marchés qui offrent les
meilleurs rendements attendus pour la volatilité la plus limitée sortent
vainqueurs des évaluations.
|
 |
|