Cela faisait assurément longtemps qu’Unilever n’avait plus publié de
tels chiffres. Avec un chiffre d’affaires en hausse de 5,7 % sur base comparable, le
bénéfice par action a gagné 2 % alors que dans le même temps, la marge opérationnelle a été soutenue
par de nouveaux produits et de nouvelles réductions des coûts. Cette performance
ne peut toutefois pas nous faire oublier qu’Unilever reste à la traîne de ses
concurrents en termes de croissance et de rentabilité. Pour y remédier, il mise
sur d’importants investissements dans les pays émergents où la partie est
pourtant loin d’être gagnée. La concurrence est en effet loin de rester inactive
et le groupe doit encore y peaufiner son offre à destination de populations à
faibles revenus, ce qui est nouveau pour lui. Ce faisant, il prive aussi sa zone
de développement historique, l’Europe occidentale, de précieux moyens pour,
peut-être, se redresser.
Face à ces choix stratégiques délicats,
l’actionnaire peut espérer un filet de sécurité à travers l’offre de fonds
d’investissement qui profiteraient des difficultés actuelles pour une
réorganisation en profondeur, mais la taille du groupe reste un élément
dissuasif.