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Fiat
Sous la loupe : Fiat (25 mai 2007)

Fiat est bel et bien sorti de la crise, mais il lui reste à pérenniser sa croissance. Nous pensons qu’il en est capable, mais le cours en tient compte. Action chère.
VENDEZ.

Cours au moment de l'analyse : 20,58 EUR

Ambition indispensable
Depuis quelques années, le marché automobile de la «vieille Europe» souffre du manque de tonus économique de la région et stagne. Les constructeurs locaux se disputent dès lors férocement les parts de marché et la guerre des prix fait rage. Fiat, qui écoule 65 % de sa production dans cette zone, a opté comme d’autres pour une stratégie de développement de sa gamme. Après avoir, ces deux dernières années, redressé sa rentabilité, réduit sa dette et amélioré sa capacité à générer des liquidités, il entre dans une phase de croissance et l’aborde à l’aide de son plan 2007-2010. Il vise pour son chiffre d’affaires une hausse annuelle de 6,6 % (de fin 2006 à 2010) et une marge opérationnelle de ±7,5% en 2010 (contre 3,8 % fin 2006 et 4,4 % au 1er trimestre 2007). Il place certes la barre très haut, mais il n’a pas le choix. Car au vu de la surcapacité du marché auto en Europe (±20 %), on peut estimer qu’il y a un constructeur de trop ! Et Fiat restant peu présent sur les grands marchés d’Europe du Nord (où il est déficitaire), le moindre coup de tabac lui sera fatal s’il ne se prémunit pas.

Les moyens du plan d’action
· Le plan touche surtout l’activité automobile (50 % du chiffre d’affaires) et s’oriente sur trois 3 axes.
- Augmenter les parts de marché et les volumes vendus, en lançant 23 nouveaux modèles et en renouvelant 23 autres (tant dans les marques Fiat, que Alfa et Lancia), en s’implantant sur de nouveaux segments de marché et en faisant davantage usage de composants et d’architecture utilisables pour différents modèles, pour réduire ainsi les coûts de fabrication.
- Restructurer le réseau de distribution européen et en augmenter la rentabilité (délaisser les revendeurs peu rentables, ouvrir de nouvelles concessions).
- Nouer des alliances dans des pays où il est peu présent : en juillet 2006, Fiat a signé un accord avec l’indien Tata Motors (pour 100 000 véhicules et 250 000 moteurs), il s’est déjà renforcé en Chine et en Russie et annoncera bientôt une nouvelle alliance.
Cette politique vise pour 2010 un volume vendu de 3,5 millions de véhicules (propres et en alliance), contre 2,7 millions en 1997 et 2 millions en 2006. Elle ambitionne pour l’activité auto une marge de ±5 % en 2010 (contre seulement 1,2 % en 2006 !). Elle implique dès lors le développement de marchés comme le Brésil (où Fiat est déjà bien implanté), l’Inde et la Russie (présence plus récente) et la reconquête de l’Europe. Sur ce point, la lutte est loin d’être gagnée car la concurrence (VW, Audi, Renault) y mène aussi une stratégie de volume et car Fiat doit encore imposer durablement ses modèles.
· Dans les camions (Iveco) et les machines agricoles (CNH), les objectifs de ventes et de marges sont aussi exigeants. Pour Iveco, petit acteur dans les camions, nous sommes d’avis qu‘une acquisition serait la bienvenue pour améliorer sa rentabilité en Europe, face aux poids lourds du secteur.

Encouragement et spéculation
Le résultat du 1er trimestre est engageant : le bénéfice opérationnel gagne 84 %, grâce surtout à l’activité auto, qui profite d’une baisse des coûts, de la hausse du chiffre d’affaires (+10,2 %) et d’un accroissement dans ses ventes de la proportion de véhicules plus rentables. Ce résultat permet à Fiat de placer son objectif 2007 dans le haut de la fourchette prévue (ce qui dépasse un peu nos attentes). Grâce à ces bénéfices, à quelques cessions et à la légère baisse des investissements, d’ici fin 2007, le groupe n’aura quasi plus de dettes et pourra financer des rachats d’actions et le développement de sa gamme. Ce retour à meilleure fortune nourrit les spéculations sur la cession de l’activité automobile ou son introduction en Bourse. Le groupe écarte cependant cette hypothèse et nous n’y croyons pas non plus (sans l’exclure à plus long terme).

Cours élevé
Au vu du récent résultat, nous avons un peu relevé nos prévisions de bénéfice par action à 1,45 EUR pour 2007 (contre 1,35 auparavant) et à 1,90 EUR pour 2008 (contre 1,80). Nous croyons donc que les objectifs sont accessibles, d’autant que la conjoncture ne fait pas craindre d’effondrement du marché auto européen (et bien qu’un risque persiste quant à l’accueil que recevront les nouveaux modèles). Mais ces derniers trimestres, le cours a bien monté, nourri de l’espoir de bons résultats (qu’il intègre maintenant largement) et de spéculations sur le démantèlement (que nous n’attendons pas dans l’immédiat). Nous conseillons donc de vendre l’action Fiat et, pour rester dans le secteur, d’acheter plutôt Renault (104,47 EUR), ou General Motors (30,47 USD; plus spéculatif ).



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