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Kraft Foods
Sous la loupe : Kraft (30 juil 2007)

Kraft Foods, numéro deux mondial de l’alimentation après Nestlé, a fait son entrée dans notre sélection. Cette société a fourni de gros efforts ces derniers temps pour redresser sa rentabilité et elle est aujourd’hui libérée de la tutelle de son ex-maison mère, Altria. Cette indépendance retrouvée devrait lui donner un nouvel élan. Action bon marché.
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Cours au moment de l'analyse : 32,89 USD

Un reservoir de marques
Kraft ne s’est pas imposée du jour au lendemain sur le marché mondial. Son histoire, dont les origines remontent au 19e siècle, est jalonnée d’une longue série  de fusions et acquisitions.  Aujourd’hui, la société commercialise une vaste gamme d’aliments et de boissons dans plus de 155 pays. Avec un chiffre d’affaires (2006) de plus de 34 milliards de dollars et un réservoir de marques connues (Kraft elle-même, mais aussi Oscar Mayer, Post ou Nabisco) elle couvre plusieurs segments du marché de l’alimentation : casse-croûte (biscuits, confiserie et snacks salés ; 29% des ventes), fromages (19%), plats prêts-à-manger (16%) et épicerie (desserts,  sauces, etc ; 15%).  Kraft est aussi fortement implantée sur le marché des boissons (principalement le café). En Europe, quelle est la famille qui n’a jamais consommé des produits comme Philadelphia, Milka, Toblerone, Côte d’Or, Miracoli ou Tuc ? Sur le plan géographique, l’Amérique de Nord reste son principal débouché (67% des ventes en 2006).

Après un passé DIFFICILE…
Introduite en Bourse en juin 2001 au prix de 31 USD, Kraft n’a pas de quoi réjouir ses actionnaires : son cours actuel tourne autour de 33 USD. Malgré des débuts prometteurs, l’entreprise n’a pas été à la hauteur des promesses faites lors de son entrée en Bourse. Si sa marge opérationnelle  était encore de 20% en 2002, elle diminue d’année en année et est tombée à 12% en 2006. 
Il y a à cela plusieurs explications. Tout d’abord, Kraft a dû gérer la hausse effrénée du coût des matières premières (cacao, lait, café, blé…).  Ensuite, la concurrence accrue des enseignes de « hard discount » et des marques de distributeurs a pesé sur ses prix et donc sur ses marges.  Un plan de restructuration a été lancé, des sites de production ont été fermés et les effectifs ont été réduits, mais ces mesures n’ont pas suffi pour renouer avec la croissance bénéficiaire. En fait, Kraft donne l’impression de courir derrière les événements (concurrence, hausse des coûts) au lieu de s’attaquer aux vrais problèmes que sont le manque d’innovation et la qualité de son offre.  Enfin et surtout, Kraft était contrôlée jusqu’il y a peu par Altria, ex-Philip Morris,  à concurrence de 89%. Or, ce fabricant de cigarettes (Marlboro) est confronté à des procès qui lui coûtent des sommes astronomiques qui l’empêchaient de donner à sa filiale alimentaire la marge de manoeuvre financière nécessaire.

Un avenir plus sereinµ
Le risque lié aux procès anti-tabac demeure, mais il est plus limité qu’avant (certains tribunaux ont pris des décisions plus favorables aux fabricants de cigarettes). Le cigarettier a donc estimé que le moment était venu de se séparer de sa filiale alimentaire pour se recentrer sur le tabac. La séparation est effective depuis le 30 mars dernier. A la veille de retrouver son indépendance, le nouveau management de Kraft avait dévoilé la stratégie visant à redynamiser la croissance de ses activités. 
Cette stratégie repose sur les axes suivants : actualiser l’offre en adéquation avec les besoins des consommateurs, augmenter les investissements dans la qualité, l’innovation et le marketing, développer ses activités à l’international (Europe, marchés émergents) par le biais d’acquisitions.  Sur ce dernier point, Kraft n’a pas traîné puisque la société a lancé une offre sur la division biscuits de Danone, ce qui portera à 40% la part de son chiffre d’affaires réalisé hors Amérique du Nord. 
La société a donc repris son destin en main, mais il faudra du temps avant que l’on puisse en voir les effets sur les résultats. C’est normal.  Dans un premier temps, la mise en œuvre de la nouvelle stratégie nécessite de gros investissements. De plus, Kraft n’est pas un navire de compétition, mais un paquebot (90 000 employés). Ce n’est donc pas en deux temps trois mouvements qu’un tel mastodonte vire de bord.

Redémarrer
Kraft dispose selon nous des capacités financières (niveau d’endettement faible) et des moyens (taille, réservoir de marques) suffisants pour redémarrer. Séparés de leur maison mère, ses dirigeants ont les cartes en main pour exploiter le potentiel dont ils disposent. Signe de confiance dans l’avenir, ils ont annoncé un programme de rachat d’actions de 5 milliards de dollars (9% de la capitalisation boursière).    
Pour cette année, nous prévoyons encore un recul des bénéfices à 1,56 USD par action environ vu les investissements nécessaires. En 2008 et surtout en 2009, la société devrait récolter les fruits de ses efforts. Pour ces deux années, nous tablons sur un bénéfice par action de respectivement 1,74 et 1,97 USD. 



Secteur de l'alimentation et des boissons (02 juin 2008)
Kraft (06 mai 2008)
Kraft Foods (31 janv 2008)
Kraft Foods (21 nov 2007)
Kraft Foods (02 nov 2007)
Kraft Foods (08 oct 2007)
Les secteurs défensifs (20 sept 2007)
Nouvelles en bref (09 sept 2007)
Conseils en bref (05 août 2007)
 


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Coefficient beta

Le coefficient beta est un indicateur de la volatilité d'une action. Les grandes actions ont généralement un beta proche de 1. Plus le coefficient s'éloigne de 1, plus l'action réagit de manière volatile par rapport à la moyenne. Un beta de 1,16, par exemple, signifie que la volatilité de l'action est de 16 % supérieure à la moyenne de référence.



 
Ecart-type

L’écart-type est un facteur d'évaluation. Sur une période donnée, les marchés connaîtront des hausses et des baisses. La moyenne prévue des deux mouvements permet d'établir une fourchette : l'écart type. Plus il est important, plus le marché est volatile. Les marchés qui offrent les meilleurs rendements attendus pour la volatilité la plus limitée sortent vainqueurs des évaluations.


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