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Deutsche Bank
Subprimes (17 sept 2007)

Les subprimes, crédits immobiliers à risque octroyés aux USA aux ménages à faibles revenus, font toujours la une.
La crise qu’ils ont engendrée dans le secteur financier américain, suite à la hausse des taux, perturbe les Bourses et le secteur financier à l’échelle mondiale. L'injection de fonds par les banques centrales ne suffit pas pour rassurer et la fébrilité prolongée commence à affecter certaines activités bancaires.
Mais notre message est clair : ne paniquez pas.

L’impact
Aux USA, les banques sont directement touchées par la crise (sauf Bank of America, peu présente dans le crédit immobilier). En Europe, l’exposition directe aux subprimes américains est limitée aux seules banques allemandes (IKB, Deutsche Bank, Commerzbank…) et à la britannique HSBC, qui y sont fortement actives. En revanche, même en Europe, un impact indirect touche nombre de banques et d'assureurs, engendrant parfois la panique, comme tout récemment avec la banque britannique Northern Rock.
· L’activité de gestion d'actifs souffre du malaise boursier et divers fonds enregistrent des pertes latentes.
· Dans le conseil en fusions et acquisitions, l’activité a chuté en août, suite à la correction des Bourses, peu propice aux fusions.
· La situation est pire pour la banque de financement : le métier de la dette (refinancement de dettes, montages financiers…) a beaucoup ralenti, touché par les effets de la titrisation des subprimes (prêts sortis du bilan pour être placés en obligations auprès d'investisseurs institutionnels).
Ces deux dernières activités devraient rester au ralenti pour quelques mois.
· En banque d'investissement, les prochains résultats trimestriels seront mitigés, car en juillet et août, le courtage sur actions (particuliers, entreprises) aura connu une bonne activité (gros volumes suite à la volatilité) mais le courtage pour compte propre (pour la banque elle-même) aura chuté : les banques auront joué la prudence, conservé leurs liquidités et réduit leur exposition aux aléas boursiers. L’activité de produits dérivés devrait en revanche dégager un résultat similaire à celui d’un an plus tôt (les piètres prestations des dérivés liés au crédit devant être compensées par les performances de ceux liés aux actions, aux taux et aux devises).

SECTEUR BANCAIRE MONDIAL

Le secteur bancaire avait déjà chuté fin février, suite aux inquiétudes quant à un ralentissement de l'économie américaine. Depuis juin, la crise des subprimes l’a fait chuter plus durement.

Les chiffres
· Si les banques ont déjà évoqué leur exposition aux subprimes, il est trop tôt pour chiffrer les pertes exactes. Les résultats du 3e trimestre (fin octobre/début novembre) donneront un premier indice de l'ampleur de l'impact (lequel devrait se marquer encore au 4e trimestre puis se réduire au 1er semestre 2008). Pour l’heure, les banques ne réduisent pas leurs prévisions de rendement sur fonds propres , car celles-ci portant sur plusieurs années, elles estiment pouvoir se rattraper les années suivantes. Toutefois, si les difficultés perdurent et que l'impact se prolonge au-delà du 1er semestre 2008, elles seront forcées de se restructurer, pour ramener la croissance des coûts au niveau de celle des revenus. Et les acteurs les plus faibles pourraient être rachetés.
· Prudents, nous réduisons nos prévisions de bénéfice pour l’activité de banque d'investissement et de financement de 20 à 40 % pour 2007 et de 10 à 20 % pour 2008.
· Pour la gestion d'actifs, nous les réduisons de 5 à 10 % pour 2007 et d’un peu moins de 5 % pour 2008.
· Toutefois, les banques européennes étant très diversifiées (au contraire des américaines, plus spécialisées) et les perspectives restant bonnes en banque de détail, gestion d’actifs et de fortune et dans les services financiers spécialisés, nos estimations bénéficiaires totales ne sont rabotées que de 5 à 10 % pour 2007 et de 2 à 5 % pour 2008.

Evaluation des risques
· Les valeurs financières de notre sélection qui risquent de souffrir le plus de l’impact indirect de la crise sont celles qui sont proportionnellement les plus actives en gestion d’actifs/de fortune, avec en tête Deutsche Bank suivie de CS Groupe et UBS.
· Celles qui ont le plus de chances de ne souffrir que de manière limitée sont celles qui sont proportionnellement les plus actives dans la banque de détail, telles que Allied Irish Banks et Nordea, les bancassureurs ING, Fortis, KBC et Allianz ou encore la banque Dexia, spécialisée dans le financement public.
· Pour les autres, Barclays, Lloyds TSB, Commerzbank, ABN Amro…, dont la répartition des activités est diversifiée, les risques sont plus difficiles à déterminer.

Compte tenu de leur caractère bon marché, toutes ces valeurs, même les plus exposées, sont dignes d’achat, sauf Commerzbank (conservez) et ABN Amro (acceptez l’offre du consortium; ne spéculez pas).

Pas de panique
Certes, si la situation devait se dégrader encore, nous pourrions à nouveau ajuster nos prévisions. Globalement, le secteur reste bon marché. Il dégage des rendements sur dividendes meilleurs que la plupart des secteurs et bénéficie de perspectives de long terme que nous jugeons positives. Et, si depuis le début de la crise, nous avons changé de conseil pour deux actions, Société Générale et Allianz, c’est pour passer à l’achat, parce que leur cours a trop souffert selon nous.



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Le coefficient beta est un indicateur de la volatilité d'une action. Les grandes actions ont généralement un beta proche de 1. Plus le coefficient s'éloigne de 1, plus l'action réagit de manière volatile par rapport à la moyenne. Un beta de 1,16, par exemple, signifie que la volatilité de l'action est de 16 % supérieure à la moyenne de référence.



 
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Le flottant, ou free float, d'une action est la partie du capital négociée en Bourse (pas aux mains des actionnaires de référence). On parle de free float pour évoquer la liquidité d'une action. Plus la liquidité d'une action est grande, plus les épargnants peuvent acheter et vendre des actions sans causer de fortes fluctuations.


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