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Sous la loupe : ArcelorMittal (01 oct 2007)
Ces prochaines années, ArcelorMittal investira 35 milliards de
dollars, surtout dans les pays émergents. Les perspectives sont bonnes et nous
réduisons le niveau de risque du titre. Mais tout cela est selon nous déjà
inclus dans le cours. L’action est chère. VENDEZ.
Cours au moment de l'analyse :
55,39 EUR
Leader
incontesté Avec 111 millions de tonnes d’acier produit en
2006, ArcelorMittal (AM) est à la tête du classement mondial des sidérurgistes,
loin devant Nippon Steel et ses 34 millions de tonnes. Il est celui qui
bénéficie de la plus belle diversité géographique, ce qui le rend moins sensible
à un éventuel retard économique de l’une ou l’autre zone. Environ la moitié de
sa production est axée sur des produits à haute valeur ajoutée (meilleure
rentabilité, prix moins volatiles) et ses principaux clients sont le secteur de
la construction (30 % du chiffre d’affaires) et de l’industrie automobile
(15 %).
Marché en
évolution La forte demande d’acier des marchés émergents,
Chine en tête, soutient toujours les prix sur le marché mondial. De plus, la
consolidation du secteur renforce la discipline en matière de prix de vente
(moins de casseurs de prix) et conforte la position des sidérurgistes face aux
fournisseurs de matières premières (charbon, minerai de fer…). Les prix de
l’acier et, partant, les bénéfices des producteurs fluctuent donc moins qu’il y
a 10 ans. Ces prochaines années, le secteur vivra surtout de la demande des pays
émergents, qui accusent encore un retard de consommation d’acier par rapport aux
régions industrialisées (voir graphique). Une perspective qui
n’est pas sans risque. Car si la Chine devait subir un grave aléa économique, la
demande mondiale chuterait, les producteurs ne pourraient que partiellement
ajuster leur production et les prix crouleraient immanquablement.
CONSOMMATION D’ACIER PAR HABITANT (en kg)

Toujours plus, toujours
mieux · La fusion de
Mittal et Arcelor n’a pas réduit les appétits du groupe, qui compte dépenser 35
milliards d’ici 2015. - D’ici 2012, il souhaite porter sa production
annuelle à ±131 millions de tonnes (contre 111 millions en 2006) et consacrera
pour cela 10 milliards de dollars à sa croissance interne. - Vers 2015,
il souhaite produire en Inde 24 autres nouveaux millions de tonnes et investira
pour cela 20 milliards de dollars, pour ériger deux usines. - Il injectera
enfin 5 milliards de dollars dans les mines de fer. Le groupe se veut en effet
présent sur toute la chaîne de production et produire lui-même du minerai, pour
sécuriser son approvisionnement et garder la maîtrise des prix. D’ici 2014, il
souhaite assurer 75 % de son approvisionnement (contre 45 actuellement).
Une sage précaution quand on sait que trois gros groupes dominent 70 % du
marché du minerai et qu’une nouvelle hausse des prix est attendue en 2008.
· AM pense aussi à renforcer sa
position, encore modeste, en Chine et voudrait, à moyen terme, une implantation
en Russie. · Il cherche à relever
dans son chiffre d’affaires la part provenant des produits les plus rentables et
compte pour cela sur le développement économique des régions qui sont fort
demandeuses de produits finis (utilisés p.ex. pour les voitures…), des produits
qui bénéficient en outre de prix moins volatiles. · Le groupe souhaite enfin élargir son réseau
de distribution, pour distribuer lui-même 50 % de sa production (contre 38
actuellement), mieux coller ainsi à la demande des clients et accroître la
valeur moyenne des ventes.
Fusion
réussie Contrairement à ce que beaucoup craignaient,
trimestre après trimestre, le résultat démontre que la fusion se passe sans
encombre. D’ici la fin du 3e trimestre, les synergies réalisées auront
atteint 1,3 milliard de dollars. L’objectif est d’atteindre
1,6 milliard fin décembre, un chiffre qui, sauf grave imprévu, sera
probablement dépassé. D’ici fin 2008, nous évaluons les économies cumulées à
plus de 2 milliards (±1,03 EUR par action). Grâce à ces synergies, aux
économies d’échelle et au prix élevé de l’acier, le bénéfice opérationnel avant
amortissements grimpera plus vite que la moyenne du secteur.
Mais cours trop
optimiste · Au vu de
la progression de la fusion, nous réduisons le niveau de risque de l’action de 4
à 3. · Nous relevons aussi nos
prévisions de bénéfice par action à 5,20 EUR pour 2007, 5,60 EUR pour
2008 et 6 EUR pour 2009. · Grâce à ses bons résultats, AM dispose de
suffisamment de liquidités pour financer ses investissements des prochaines
années et pour gratifier ses actionnaires, par dividendes et rachats d’actions. Il s’est engagé à
verser un dividende annuel de 1,30 USD brut, (±0,90 EUR) soit, sur
base du cours actuel, un (maigre) rendement de 2 %. · Le marché de l’acier est devenu un peu
moins cyclique ces dernières années. Il reste néanmoins exposé à des mouvements
de hausse et de baisse qui peuvent se succéder de manière très rapide. Faire des
prévisions de long terme sur les prix de l’acier reste donc périlleux. · Au vu du cours actuel, les investisseurs
semblent avoir toute confiance en la capacité du groupe à relever encore sa
rentabilité. Nous partageons ce sentiment, mais estimons néanmoins que le cours
de l’action est trop élevé et vous conseillons donc de la vendre.
Arcelor Mittal est le premier
sidérurgiste mondial avec une capacité de production de 120 millions. de tonnes.
Présent aussi bien dans les aciers longs (construction…) que dans les plats
(auto, électroménager…).


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