Sous la loupe : General Electric (15 oct 2007)
Trop grand, trop diversifié, le groupe a peiné
jusqu’ici à trouver sa voie. Mais sa restructuration en cours dégage ses
horizons. Le cours finira par en tirer profit. Titre peu risqué et bon marché.
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Cours au moment de l'analyse : 41,03
USD
Largement
diversifié Le géant américain réalise 70 % de son
chiffre d’affaires dans des branches très variées de l’industrie : les
infrastructures (moteurs d’avions, équipements pour la production d’énergie,
pour l’exploration pétrolière, le traitement des eaux….) qui fournissent
31,6 % des ventes totales, les systèmes d’éclairage, de sécurité,
d’automatisation… (16,2 %), le domaine de la santé avec des équipements
pour les diagnostics et le traitement des maladies (11,2 %) et la
télévision et le cinéma avec NBC Universal (11 %). Les 30 % restants
proviennent des services financiers (crédit à la consommation, financement auto
et financement des activités industrielles). En 2006, 50 % de l’activité a
été réalisée aux USA et 50 % dans le reste du monde.
Croissance trop faible
60 USD en août 2000, 23 USD au début 2003,
±41 USD aujourd’hui : le cours se cherche. Certes, de 2002 à 2006, le
chiffre d’affaires a gagné 10 % l’an et le bénéfice par action 8 %.
Mais l’environnement était à ce point porteur que la croissance aurait dû être
plus élevée. Trop grand et trop diversifié, le groupe peine à appréhender
correctement ses marchés et à saisir les opportunités d’investissement. Et la
direction, qui a remplacé en 2001 celle qui avait présidé au spectaculaire essor
de la fin du 20e siècle, a sans doute fait
preuve de beaucoup de prudence.
Elagage Pour pallier ses faiblesses et réduire sa complexité, le groupe
s’est défait en 2007 de ses activités production de plastique (à bon
prix) et crédit immobilier à risque (subprimes; sans modifier significativement la répartition du
chiffre d’affaires). D’autres activités pourraient suivre, tant dans la finance
que l’industrie, avec notamment la réduction de la production d’ampoules. NBC
Universal pourrait aussi, selon nous, quitter le périmètre. Mais la forte
concurrence qui sévit entre réseaux TV aux USA pesant sur ses performances, il
semble que General Electric préfère attendre, pour céder NBC, que ses résultats
connaissent une amélioration (elle pourrait survenir grâce aux JO de Pékin en
2008…).
Recentrage
General Electric se recentre ainsi sur les activités qui
affichent une belle marge de progression, tant au niveau du chiffre d’affaires
que de la rentabilité, avec en tête les infrastructures, dont la croissance sera
surtout interne. · Dans les métiers liés
à l’énergie, la demande reste forte. L’Asie et l’Inde ont d’importants besoins
de capacités de production d’énergie et l’Amérique du Nord et l’Europe doivent
moderniser leurs installations et développer les énergies propres. Le groupe
travaille à la mise au point d’équipements moins dévoreurs d’énergie et voit
croître la demande de turbines pour éoliennes. · Dans les équipements
pour l’aviation, les fortes commandes chez Boeing et Airbus (en tout, 5500
avions commandés de début 2005 à mi-2007) permettront une bon niveau de
production ces prochaines années (moteurs d’avions moins polluants, pièces plus
légères, systèmes de vols…). · Dans le traitement des eaux, les perspectives sont
aussi belles (retraitement des eaux usées, dessalement de l’eau de mer) et le
groupe vise pour après 2008 une croissance interne de 10 % (contre 6 %
prévus pour 2007).
Bons
résultats Le bénéfice par action du 3e trimestre a été
conforme à nos attentes (0,50 USD à périmètre constant). Le groupe a
profité d'un taux d'imposition très bas mais a aussi vu son chiffre d'affaires
gagner 12 % (dont 8 % de croissance interne). Ses commandes ont en
outre gagné 20 % (et même 39 % dans les activités principales), ce qui
soutiendra les résultats futurs. Les marges se sont effritées dans certaines
activités clef, mais cette faiblesse est temporaire selon nous. Et la
rentabilité de NBC se redresse quant à elle, ce qui pourrait faciliter une
cession à moyen terme.
Cours trop
timide Grâce à ses désinvestissements, le groupe peut se
concentrer sur les activités qui ont un potentiel affirmé (haut contenu
technologique, présence mondiale), lesquelles profitent de la demande des pays
émergents. Ces deux derniers trimestres, les commandes se sont bien tenues. Et
les récents résultats achèvent de prouver que le groupe est sur la bonne voie.
De quoi lui permettre d’atteindre cette année son objectif de croissance interne
du chiffre d’affaires de 8 % et de même 10 % pour les activités
majeures. Nous tablons ainsi sur un bénéfice par action de 2,22 USD en
2007, de 2,50 USD en 2008 et de 2,70 USD en 2009. Et si les
investisseurs sont restés jusqu’ici méfiants face aux problèmes de taille du
groupe, l’élagage entrepris et la bonne tenue des commandes lèvent à présent les
soupçons. Le cours en bénéficiera. Profitez-en.


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