Quelles actions semblent promises à un
grand avenir ? Comment dénicher des valeurs au potentiel rutilant ?
Les secteurs qui sont une aubaine ?
Face au prix
élevé du baril de pétrole, faut-il croire aujourd’hui à ces entreprises capables
de réduire notre dépendance aux énergies fossiles, comme ErSol Solar
Energy (produits pour transformer
l’énergie solaire en électricité) ou Vestas Wind
Systems (éoliennes) ?
Faut-il miser sur des valeurs
séduisantes de la biotechnologie ou l'électronique ?
A voir, car si la
conjoncture leur semble favorable, l’évolution de leur cours est souvent
chaotique, parfois même catastrophique.
Plans sur la comète…
Choisir des
actions, c’est imaginer l’avenir. Et pour ce faire, nous misons souvent sur la
pérennité des tendances du moment (vieillissement de la population, coût élevé du
pétrole, essor des médias électroniques…). Pas toujours raisonnable dans un
monde follement médiatique. Pour preuve, en 1999, lorsque l’américain Celera et
un consortium international annoncèrent la découverte du décryptage du génome
humain, le cours de Celera passa d’environ 8 USD en 1999 à 240 USD en
l’an 2000; mais en 2002, il était tout bonnement retombé à 9 USD ! La
découverte avait beau être de taille, les investisseurs se sont calmés quand ils
ont compris que le chemin vers les profits était encore long. Il en va de même
des nouvelles technologies : beaucoup de temps peut s’écouler avant que le
produit prometteur ne se retrouve dans les rayons des magasins. De plus, rien
n’assure que les pionniers d’une technologie sont ceux qui s’imposeront à
l’heure de la commercialisation. Ils peuvent être doublés par de nouveaux
concurrents. Beaucoup se rappellent encore l’éclatement de la bulle internet de
l’an 2000, suite à laquelle d’éphémères vedettes ont subitement disparu des
écrans des investisseurs : Marconi (équipements télécoms), Netscape
(navigateur internet) ou encore WorldCom (télécom).
Vendre, mais aussi gagner…
· Un secteur a beau bénéficier d’indéniables
bonnes perspectives, tous ses acteurs ne dégageront pas nécessairement de
plantureux bénéfices. Le volume des affaires est une chose, la rentabilité une
autre. Et la Bourse réagit essentiellement sur la base des profits.
Si le secteur des
semi-conducteurs est ainsi appelé à croître encore (ces composants se retrouvent
en nombre toujours croissant dans les TV, ordinateurs, autos, iPhone….),
l’activité étant cyclique, des surcapacités se dégagent de manière récurrente ci
et là. Elles font pression sur les prix de vente et donc sur les bénéfices de
certains acteurs, ce qui pénalise leur cours de Bourse (comme pour l'allemand
Infineon ou le français STMicroelectronics).
Autre déboire, dans l’énergie solaire,
pourtant indiscutablement digne d’intérêt de nos jours : ErSol souffrant
d’un manque de silicium (principale matière première), il est incapable de
répondre correctement à la demande et voit temporairement souffrir ses
résultats.
· Enfin, toute croissance
des profits n'est jamais garantie dans la durée. Souvenons-nous de l'explosion
des ventes de matériel informatique à la veille de l'an 2000. Les investisseurs
qui ont acheté des titres du secteur, en misant sur des profits durables, en ont
été pour leurs frais !
A la une ? A éviter ?
· Beaucoup d'investisseurs ont acheté un jour ou
l'autre un titre bénéficiant d'une large couverture médiatique, pour tel ou tel
espoir. Mais la raison du raffut a beau être fondée, acheter à la faveur d’un
tapage, c’est souvent risquer d’arriver trop tard, de payer un cours surfait,
qui risque bien de chuter quelque temps plus tard. Ainsi, en 2006, l’emballement
médiatique autour d’Option s’est
soldé par une chute vertigineuse.
· De même quand les soucis d’une entreprise
font la une, des investisseurs vendent en masse, de manière pas toujours
justifiée. Le cours chute brutalement et celui qui réagit lorsque le mouvement
est bien amorcé vend alors au plus mauvais moment.
Raison garder
· Les investisseurs font l’erreur de donner
un poids excessif aux évènement récents et à ne pas suffisamment les relativiser
par d'autres éléments : résultats des dernières années, qualité de la
direction, évaluation de l'action. Ils concentrent leur attention sur les
secteurs qui font la une (comme actuellement le pétrole, l’électricité, les
matières premières) mais omettent de s’équilibrer vers d’autres
secteurs.
· Ainsi, bien qu’estimant
que le prix du pétrole restera durablement à des niveaux élevés, nous
n’investissons pas massivement dans le secteur. Car nous jugeons que la plupart
des cours incorporent en partie cet élément et que le secteur n’est donc pas
globalement bon marché.
Le fondamental !
La recherche du
secteur d'avenir ou du prochain outsider est un travail dangereux, un parcours
semé d'embûches. De notre côté, nous préférons concentrer notre attention sur
l’analyse des caractères propres des entreprises : rentabilité, qualité de
la direction, rémunération de l'actionnaire... Eux seuls permettent de
déterminer si les actions sont bon marché. C’est dès lors sur cette base que
nous formulons nos conseils. Non sur les gros titres de la une des
médias.