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Deutsche Telekom
Dirigeant = (ir)responsable ? (10 mars 2008)

Fin janvier, le scandale éclata à la Société Générale : un trader avait détourné des millions ! Sans tarder, l’événement souleva le problème de la responsabilité : Daniel Bouton allait-il rester PDG ? Quelques semaines plus tard, il l’est toujours et fait savoir qu’il le restera... Pourtant, pouvoir ne va-t-il de pair avec responsabilité ? Et celle–ci ne doit-elle pas être assumée, pour le meilleur et pour le pire ? Nous pensons que si. Mais ce n’est pas toujours le cas.

Certes, D. Bouton a présenté sa démission, mais le conseil d’administration l’a rejetée. Et face aux enquêtes soulignant la faute du trader et les manquements dans le contrôle des risques, Bouton ne s’estime ni coupable, ni responsable. Alors, si même le sujet sera encore débattu lors de l’assemblée générale (mai), en attendant, le maintien de la direction réduit la chance de voir la banque rachetée par un tiers et l’actionnaire est le dindon de la farce.

Pas tous irresponsables…
Comment une haute direction peut-elle rester crédible si elle s’offre des hauts salaires et des stock options mais rejette toute responsabilité ? Pourquoi ne pas suivre l’exemple des PDG des banques Merrill Lynch ou Citigroup, qui ont quitté leur poste à l’annonce de pertes records ? Du leader de Deutsche Telekom qui a débrayé fin 2006, suite à de très décevants résultats ? De Peugeot Citroën, qui a remplacé son PDG en 2007 pour cause de chute des profits ? Ou encore d’Agfa-Gevaert, qui a licencié le n°1 de sa division Healthcare l’été dernier, suite à une série de mauvais résultats ?

… mais pas souvent pressés
Car le cas très médiatisé de la Société Générale n’est pas isolé. D’autres directions se sont exonérées de leur responsabilité. Ainsi, la fusion entre le français Alcatel et l’américain Lucent a beau être un échec, le président Tchuruk, cheville ouvrière de la fusion, profite des statuts du groupe, qui compliquent son déboulonnage, et ne parle pas de quitter son poste. Chez Thomson, en dépit de nombreux avertissements sur résultats, la direction n’abdique pas. Chez TF1, si l’équipe est enfin remaniée, c’est après une longue attente, due à la force de Bouygues dans l’actionnariat (43 %). Chez Pirelli, le PDG se cramponne, bien que les investissements d’il y a quelques années dans les télécoms se soient révélés destructeurs de valeur. Et chez UBS, banque touchée plus que la moyenne par la crise financière mondiale, le président refuse de quitter le pouvoir et a obtenu le soutien de l’assemblée pour une augmentation de capital (sans droit préférentiel) qui diluera l’avoir des actionnaires.

Droits bafoués
Trop souvent, un nombre élevé d’actions - et de droits de votes - sont aux mains d’actionnaires «trop» dévoués à l’équipe dirigeante. Il existe de plus des droits de vote double, accordés à des actionnaires fidèles. Et pour confier certains mandats, de petits actionnaires n’ont droit qu’à une fraction de vote. Comment alors exercer une influence sur le départ ou le maintien d’une direction ? Agir pour un changement de stratégie ? Participer à la composition du conseil d’administration ? Trop souvent la situation laisse peu de place à l’avis du petit actionnaire et s’éloigne du principe «une action = une voix», auquel nous sommes très attachés (et qui est néanmoins d’application en Belgique, à l’exception des golden shares détenues par l’Etat, comme chez Fluxys, Distrigaz et bientôt Suez-GDF).

Rempart boiteux
Certes, pour parer aux dérives, le premier rempart est le conseil d’administration, censé surveiller l’équipe et la modifier. Mais en pratique, ce conseil a souvent du mal à prendre des décisions qui vont à l’encontre des avis de la direction. Car le lien est souvent étroit entre directeurs et administrateurs, tant au sein de l’entreprise qu’au dehors. Et à la Société Générale, le président du conseil n’est autre que… Mr. Bouton. Ou bien le conseil est peuplé de beaucoup d’actionnaires familiaux. Ou encore, c’est carrément la confusion totale entre dirigeants, administrateurs et gros actionnaires (c’est le cas chez Colruyt, Systemat, Kinepolis, Option et ce l’était encore il y a peu chez Omega Pharma).

Pas la panacée
Bien sûr, inévitablement, ces dérives ont un impact sur les cours. Et souvent nos conseils sur les actions concernées sont négatifs ou mitigés. Mais attention néanmoins de ne pas se focaliser sur cet aspect. Bien entendu, il faut être attentif au respect des règles de bonne gouvernance. Et notre indicateur de risque, qui englobe le plus d’éléments possibles (risque juridiques, liés à l'activité, qualité de la direction...) est un élément majeur pour toute décision. Majeur mais pas exclusif. C’est la valorisation du titre (bon marché, correct, cher) qui reste le moteur de nos conseils. L’indicateur de risque est complémentaire, pour adapter votre décision à votre profil. Ainsi, malgré tout, nous restons acheteurs de Société Générale et depuis peu, nous considérons que la dégringolade exagérée de Thomson est une opportunité d'achat.



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Stop loss

Une action est en baisse. Vous lui faites encore confiance, mais pas à tout prix. En dessous de, par exemple, 50 EUR, la perte deviendrait trop lourde. Un stop loss à 50 EUR vous permet de ne vendre que si l’action descend jusqu’à ce cours.



 
Green Shoe

Lors d’une entrée en Bourse, si le prospectus fait mention d'un green shoe, c’est que la possibilité existe, pendant un certain temps et selon certaines modalités, de présenter, après l'introduction, un paquet supplémentaire d'actions, en cas de demande importante. Le terme vient de l'entreprise américaine Green Shoe Corporation qui a utilisé pour la première fois la technique.


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